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25 novembre 2011

Suivre des cours en ligne ?

Il est de plus en plus facile de se former en ligne et gratuitement. Plus besoin de maîtres. C'est ce que l'on veut nous faire croire. Voici un bel exemple d'hallucination collective.

"Entertainment, socialising and information have become screen-shaped. And a cluster of global online learning projects are bringing education into the frame too. Among those attracting attention is the Khan Academy, the US-based free online tuition service, which helps youngsters to catch up on lessons and bright children to stretch themselves further. […] The most recent figures show that the number of people using the website each month has risen threefold in a year to 3.5 million.

Shantanu Sinha, Khan Academy president and chief operating officer, says the project is part of a "major transformation" in education. "It's being transformed by accessibility," he says. Anyone with an internet connection can plug into the resources now available online, regardless of where they live. "Cheap tablet computers are going to become ubiquitous. Access to information will be like access to clean running water. A great education will be seen as a basic human necessity."

Will online learning reach the places other teaching has missed? Or will it replicate all the inequalities, but in a hi-tech form? The central issue for Shantanu Sinha is giving more people the chance to have access to the core teaching materials they need, in the most useful form, regardless of income or geography. It's an online egalitarianism."

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Source : BBC News, 23/11/11

24 novembre 2011

Faut-il en passer par là ?

"La ministre responsable de la Charte de la langue française, Christine St-Pierre, voit d’un bon œil la possibilité que la Commission scolaire de Montréal (CSDM) oblige ses élèves à ne parler que français partout sur le terrain de ses écoles, y compris en dehors de la classe. La CSDM croit qu’il s’agirait d’une façon d’améliorer la réussite du français à l’école. Cette option reçoit l’approbation des parents sondés à cet effet par la commission scolaire. Si la CSDM allait de l’avant, les conversations en anglais, en arabe ou en espagnol seraient ainsi bannies des cours d’école et des cafétérias. […] La présidente de la CSDM, Diane De Courcy, a souligné que pour bien [des élèves], le français est la troisième langue, après leur langue maternelle et l’anglais."

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Source : Le Devoir, 23/11/11

The point of play is that it has no point

"The point of play is that it has no point. I didn’t know whether to laugh or shudder when I read this sentence in a national magazine: “Kids need careful adult guidance and instruction before they are able to play in a productive way.” But I will admit that I, too, sometimes catch myself trying to justify play in terms of its usefulness. The problem is that to insist on its benefits risks violating the spirit, if not the very meaning, of play. In his classic work on the subject, Homo Ludens, the Dutch historian Johan Huizinga described play as “a free activity standing quite consciously outside ordinary life as being ‘not serious’ but at the same absorbing the player intensely and utterly.” One plays because it’s fun to do so, not because of any instrumental advantage it may yield. The point isn’t to perform well or to master a skill, even though those things might end up happening. […]

Such is the context for understanding well-meaning folks (like me) whose lamentations about diminishing opportunities for play tend to include a defensive list of its practical benefits. Play is “children’s work!”  Play teaches academic skills, advances language development, promotes perspective taking, conflict resolution, the capacity for planning, and so on. […]

But what if we had reason to doubt some or all of these advantages? What if, as a couple of researchers have indeed suggested, empirical claims about what children derive from play — at least in terms of academic benefits — turned out to be overstated? Would we then conclude that children shouldn’t be able to play, or should have less time to do so? Or would we insist that play is intrinsically valuable, that it’s not only defined by the absence of external goals for those who do it but that it doesn’t need external benefits in order for children to have the opportunity to do it? Anyone who endorses that position would want to be very careful about defending play based on its alleged payoffs, just as we’d back off from other bargains with the devil, such as arguing that teaching music to children improves their proficiency at math, or that a given progressive innovation raises test scores."

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Source : The Washington Post, 16/11/11

23 novembre 2011

À cause d'elles

Alain Souchon a fait des chansons "qui lui sont tombées dans l'oreille" quand il était petit un album.

"On s'ennuyait beaucoup à l'école, mais la poésie nous a laissé des sons, des cadences. En cours, j'étais mauvais. Je n'étais pas capable. Pas apte à me concentrer, sur les maths, sur l'espagnol. Mais j'aime la langue, j'aime bien dire "Ah ! si j'eusse étudié !" À la maison, il y avait des livres comme L'Amant de lady Chatterley, de David Herbert Lawrence, ou Onze ans dans les bagnes soviétiques, d'Elinor Lipper. On en bavait d'envie. Je comprends maintenant que, pour lire, il faut être avide. Mais, aujourd'hui, tout est immédiat et il faut être efficace tout de suite. La poésie sauve. La vie prend d'autres couleurs. Sempé a fait les dessins du livret, ils sont d'une poésie ! Le ciel bleu aquarelle, les nuages roses, la fumée du petit train, rose aussi, alors qu'on l'attendait noire ou grise…"

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Source : Le Monde, 19/11/11

17 novembre 2011

Enseigner les langues dans les Aurès

"La maîtresse explique un cours de grammaire française et les élèves participent avec une passable réussite. Maigre consolation pour Nabila Ouchene qui parcourt quotidiennement plus d’une centaine de kilomètres en aller et retour entre son village d’Arris et son lieu de travail à Kimel. Diplômée de l’École normale supérieure de Constantine, promotion 2009, Nabila entame sa troisième année d’enseignement dans ce village enclavé, situé dans le ventre des Aurès."

Dans "la quasi-totalité des localités rurales des Aurès, l’enseignement des langues étrangères demeure le parent pauvre de l’éducation". "La situation, aujourd’hui, résulte d’au moins deux décennies de négligence. Les enseignants envoyés au "front" sont en charge d’une mission impossible. "J’ai du mal. Mes élèves sont venus sans la moindre connaissance. Au primaire ils n’ont pas eu d’instituteur de français, et ce n’est que l’année passée qu’un ingénieur a été chargé du poste", raconte-t-elle. Comment rattraper l’énorme retard ? Comment préparer des collégiens avec un degré zéro en français à des épreuves au niveau avancé ? "Je commence par l’alphabet. C’est l’ardoise et la dictée jusqu’à la 4e année", poursuit-elle, et parfois elle dit recourir au dessin et même à l’arabe pour assurer la compréhension d’un texte, en dépit de la prohibition de cette méthode."

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Source : El Watan, 02/11/11

16 novembre 2011

Suivre des études en prison

La région Île-de-France a organisé début novembre une rencontre sur l'enseignement en prison :

""J’ai passé un master et un doctorat en détention. Et si j’y suis arrivé, c’est grâce aux professeurs qui m’ont soutenu, à deux juges d’application des peines, à un directeur de prison qui y croyait et aussi à de bons surveillants – il n’y en a pas que des mauvais." Christian, sorti en 2006 après neuf ans de prison, a tenu à témoigner, dans l’anonymat, sur ces années d’études qui ont transformé sa détention. "C’est une ouverture sur le monde et l’occasion de contacts, mais aussi une ouverture d’esprit, explique-t-il. Après avoir repris mes études, je n’avais plus la même vision de ma détention et de ma peine." […] Les participants ont pointé deux grands obstacles à la poursuite d’un cursus universitaire : la mobilité des détenus qui, lorsqu’ils sont transférés, connaissent une brusque interruption et perdent souvent une partie de leurs matériels scolaires, et le sous-équipement informatique. Certains ont dénoncé "l’obsession de la sécurité" de l’administration pénitentiaire, conduisant au paradoxe que les prisonniers ont "plus facilement accès à la télé et aux jeux vidéo qu’à un ordinateur et à Internet"."

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Source : Libération, 04/11/11

15 novembre 2011

The long-term impact of parental support on literacy

Selon une étude de l'OCDE, le fait de lire régulièrement avec ses enfants pendant leur première année de scolarisation peut avoir des effets bénéfiques à long terme : "An Organisation for Economic Co-operation and Development analysis examined the long-term impact of parental support on literacy. Discounting social differences, the study found children with early support remained ahead in reading. It found a strong link between teenage reading skills and early parental help."

"The report says that parents did not have to be particularly well-educated themselves for this impact to be achieved. What was important was that parents read books regularly with their children – such as several times a week – and that they talked about what they were reading together. […] "Eating main meals together around the table and spending time just talking with one's children are also associated with significantly better student reading performance in school," says the OECD report."

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Source : BBC News, 08/11/11

14 novembre 2011

L'utilisation "spectacle" des tableaux interactifs

"Des spécialistes de la pédagogie chargés de l'implantation des tableaux blancs interactifs (TBI) dans les écoles du Québec constatent que ceux-ci ont des effets positifs sur l'apprentissage et la motivation des élèves, surtout des garçons. […] La Commission professionnelle des services éducatifs est formée de cadres scolaires qui s'assurent que l'école dispose des outils nécessaires au développement de l'élève. Le bilan positif qu'elle dresse du TBI n'est pas la conclusion d'une nouvelle étude scientifique, mais plutôt le résultat d'observations faites dans les écoles du Québec. […] "C'est vraiment incroyable ce que tu peux faire avec ça, mais il faut que tu saches comment ça marche, et ce que tu veux faire", a souligné Stéphanie Presseau, jeune enseignante à l'école primaire des Découvreurs. Rapide et offrant de nombreuses possibilités, l'outil est toutefois moins adapté pour les bambins de maternelle, fait-elle remarquer."

"Parmi les autres défis énumérés par la Commission professionnelle, notons celui de l'élaboration d'un code de conduite des réseaux sociaux et celui, pour l'enseignant, d'éviter l'utilisation "spectacle" du TBI."

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Source : Le Devoir, 09/11/11

4 novembre 2011

How did he know?

"It was one of the defining political phrases of the 20th century. But it turns out John F Kennedy's 1961 inaugural speech, which contained the phrase "ask not what your country can do for you – ask what you can do for your country", had a surprising influence: his headteacher."

Est-ce que vous vous souvenez, comme Kennedy, semble-t-il, d'une phrase en particulier prononcée par l'un de vos enseignants, à un moment ou à un autre, et qui vous aurait profondément marqué ou influencé par la suite ? Le Guardian a posé la question à ses lecteurs.

Les Anglais ne manquant pas d'humour, voici l'une des réponses reçues : "And I quote "You're a useless git and you will never amount to anything" (tu n'arriveras à rien) - Mr Hatherley, maths teacher year 4. How did he know?"

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Source : The Guardian, 03/11/11

Langues régionales

"Le breton est devenu la "langue de l'école" et non plus de la société. C'est tout le problème de la distance entre la langue écrite apprise à l'école et la langue parlée. Pour le chercheur Mikael Madeg, le point faible du breton enseigné actuellement est sa prononciation : "Trop souvent, elle est calquée sur celle du français par laxisme ou ignorance." Les écoliers appliquent les règles de liaison du français."

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Source : Le Figaro, 31/10/11

3 novembre 2011

Partire è importante

"Partire è importante, rende reale quello che studiamo."

Cette année, en Italie, 760 000 élèves sont partis en voyage scolaire, il y a quatre ans, ils étaient deux fois plus nombreux : "Un tempo c'erano Roma, Firenze, Venezia. Poi Barcellona, Berlino, Praga. Negli anni sono cambiati gli orizzonti, gli studenti, i costi ma nessuno ci ha mai rinunciato. È la gita scolastica, da sempre sospesa tra cultura e vacanza, didattica e divertimento, formazione e svago. Ora però il "viaggio d'istruzione", come viene chiamato nei protocolli del ministero, rischia di sparire."

"La gita ha accompagnato la vita di generazioni di studenti, per molti è stato il primo viaggio, per tutti occasione di risate, amori e ricordi. Impossibile tornare indietro. "Adesso i contributi scolastici servono per garantire quello che dovrebbe essere la normalità e addio viaggi", dice Sofia della Rete degli Studenti. "Ma partire è importante, rende reale quello che studiamo ed è un'opportunità per stare insieme. Non vogliamo rinunciarci"."

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Source : La Repubblica, 29/10/11

Une machine à sélectionner

Pour le sociologue François Dubet, "s'il est peu contestable que les dix dernières années ont vu la situation de l'école française se dégrader, ses problèmes, ses difficultés et ses lacunes ne datent ni d'hier ni même d'avant-hier. Comparée à ses consœurs des pays proches, l'école française présente deux caractéristiques parfois difficiles à reconnaître : les inégalités scolaires y sont beaucoup plus fortes que ce que supposerait l'amplitude des seules inégalités sociales ; le climat scolaire et la confiance dans l'école y sont moins positifs que dans bien d'autres pays plus libéraux ou plus sociaux-démocrates que le nôtre".

"Bien sûr, ajoute-t-il, l'école française n'est pas la plus "mauvaise" qu'il soit, mais on ne peut plus s'accommoder du nombre exorbitant d'élèves en échec, de l'autorecrutement des élites et du décrochage et de l'hostilité de tous ces jeunes qui croient de moins en moins que l'école peut les éduquer et les préparer à la vie active."

L'école n'est pas une machine à sélectionner : "Notre souci de l'égalité des chances d'accéder aux formations les plus prestigieuses ne devrait nous faire perdre de vue qu'une école juste est d'abord une école qui forme bien tous ceux qui n'accéderont pas aux élites. Faut-il rappeler que l'école ne devrait pas être une simple machine à sélectionner plus ou moins équitablement et qu'elle devrait aussi éduquer les élèves, former des individus et des sujets dans des établissements accueillants et capables de les aider à grandir et à vivre ensemble ?"

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Source : Le Monde, 01/11/11

2 novembre 2011

Étudier au Québec, l'entente de 1978

"Quelque 7 000 étudiants français sont inscrits dans l'une des 18 universités du Québec ; ils n'étaient que 460 en 1982. La progression a été constante depuis la signature, en 1978, d'une entente permettant aux jeunes Français de payer les mêmes frais de scolarité que leurs homologues québécois et réciproquement. Mais tandis que les étudiants français se précipitent pour découvrir l'Amérique à partir de la seule province canadienne où le français est l'unique langue officielle, les étudiants québécois, eux, boudent de plus en plus la France. Ils étaient 3 000 dans les années 1970 ; ils ne sont plus que 700 actuellement dans l'Hexagone."

"Ce déséquilibre n'aurait guère suscité de remous si les médias québécois n'avaient pas relevé à plusieurs reprises que "le quart des étudiants français se destinent à des études en langue anglaise", dans les universités anglophones McGill, Concordia et Bishop à Montréal. En fait, d'après les relevés les plus récents, 17 % seulement (soit 1 160 étudiants sur 6 950) étaient inscrits en 2008 dans ces établissements où, si les cours sont dispensés en anglais, les étudiants francophones (québécois compris) peuvent remettre leurs copies et passer leurs examens en français."

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Source : Le Monde, 17/10/11

Un effet indirect de la crise

Des dizaines de milliers de personnes cherchent à s'inscrire dans des écoles de langues en Espagne. Pour tenter d'améliorer leur niveau et leur employabilité, comme on dit, de nombreux chômeurs se tournent en effet vers ces formations. La demande est telle que ces écoles publiques, qui sont elles-mêmes confrontées à la crise, ont du mal à faire face.

"La crisis económica, que ha dejado a mucha gente en el paro y que quiere aprovechar para mejorar su currículo, junto a su bajo precio (en la mayoría de los casos no llega al euro la hora) combinado con una buena calidad de la enseñanza han provocado una avalancha de solicitudes a la que no se ha podido atender.

Este desbordamiento coincide con un recorte de medios en algunas regiones. Las complicaciones derivaron, en opinión de Pilar Díaz, presidenta de la federación de asociaciones de profesores, de un decreto del ministerio de 2006 tan flexible, que no hay una gestión común. La oferta de Árabe supone ocho cursos en Madrid, frente a cinco en Andalucía, por ejemplo. Y los certificados no se convalidan entre comunidades; cada Gobierno autónomo gestiona el tijeretazo como quiere."

Région par région, El País rend compte de cette situation.

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Source : El País, 17/10/11

1 novembre 2011

Il n'y a rien à célébrer

Lors de la remise du prix d'État autrichien qui lui a été décerné, Thomas Bernhard entame ainsi son discours de remerciement* : "Il n'y a rien à célébrer, rien à condamner, rien à dénoncer, mais il y a beaucoup de choses dérisoires ; tout est dérisoire quand on songe à la mort."

Tomas Tranströmer vient de recevoir le prix Nobel de littérature. "How do these people decide who are the greatest novelists and/or poets of the day on the international scene?", se demande Tim Parks. "And why should we ask them to do that?"

"Let’s try to imagine how much reading is involved. Assume that a hundred writers are nominated every year—it’s not unthinkable—of whom the jury presumably try to read at least one book. But this is a prize that goes to the whole oeuvre of a writer, so let’s suppose that as they hone down the number of candidates they now read two books of those who remain, then three, then four. It’s not unlikely that each year they are faced with reading two hundred books […]. Of these books very few will be written in Swedish and only some will be available in Swedish translation; many will be in English, or available in English translation. But since the English and Americans notoriously don’t translate a great deal, some reading will have to be done in French, German or perhaps Spanish translations from more exotic originals.

Remember that we’re talking about poems as well as novels and they’re coming from all over the world, many intensely engaged with cultures and literary traditions of which the members of the Swedish Academy understandably know little. So it’s a heterogeneous and taxing bunch of books these professors have to digest and compare, every year. […] Do we envy them this task? Does it make much sense?"

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Source : The New York Review of Books, 06/10/11

* Ce discours a été publié dans Mes prix littéraires, un ouvrage désopilant, qui vient de sortir en poche.

La semaine de quatre jours

Aux États-Unis, de plus en plus d'écoles publiques cherchent à faire des économies en passant à la semaine de quatre jours : "Pressed for dollars, a growing number of public schools are doing what many educators once considered unimaginable: eliminating an entire school day each week. At least 292 school districts nationwide have a four-day week, according to a Washington Post survey, more than double the 120 estimated two years ago."

Certaines écoles ne voient pas d'autre choix : "In this community [North Branch] just north of the Twin Cities, they already cut the drama club. And cheerleading, ski club and marching band. So many teachers have been laid off that some classrooms have 40 students and one high school guidance counselor juggles 550 students. When school officials couldn’t figure out what else to squeeze, they lopped off a day."

Les journées sont plus longues : "Because most states require a minimum of instructional hours, districts that drop a day lengthen the remaining four days so students don’t lose “seat time.”" Et les enseignants doivent s'adapter : "Under the four-day schedule, class periods are stretched from 45 minutes to 58 minutes. Teachers have to recalibrate their lessons and employ various tricks to try to keep students focused as the day wears on."

En France, on tente de revenir sur cette mesure controversée : "Les journées de cours, moins nombreuses qu'ailleurs en Europe, sont surchargées. Un rapport a été remis au ministre en juillet, qui proposait un raccourcissement des vacances d'été et un retour à la semaine de quatre jours et demi pour assouplir ce rythme infernal." (Le Figaro, 12/10/11)

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Source : The Washington Post, 29/10/11

31 octobre 2011

À Tahiti

"Toujours et partout, il est d'usage de dormir dans le noir de la nuit, et la lune et les étoiles n'ont pas été créées pour la peur."

Les Éditions du sonneur publient À Tahiti, d'Elsa Triolet. Ce récit de jeunesse, paru pour la première fois en russe en 1924, a été traduit en français par son auteur en 1964.

"On est frappé, écrit Marie-Thérèse Eychart, dans sa préface, par les correspondances entre ce récit et les œuvres de Gauguin à Tahiti, bien connues de l'intelligentsia russe. Là aussi, l'envers du décor, avec la syphilis et le hama – la honte –, introduits par les Blancs, raconte le rôle néfaste de la colonisation. Les colons, sur lesquels s'attarde la narratrice, ne sont guère reluisants. Attachés à cette terre qui les détruit, ils y tournent en rond, anémiés moralement, abîmés physiquement […]"

On est frappé surtout par l'écriture alerte et lumineuse d'Elsa Triolet :

"Après le déjeuner, j'allais dans la chambre où les volets étaient restés fermés depuis le matin, j'organisais un courant d'air, me déshabillais et m'introduisais sous la moustiquaire, pour m'installer sur le vaste lit avec sa couverture de calicot faite de bouts d'étoffes multicolores cousus ensemble. Le lit-tente devenait ma maison dans la maison. J'y somnolais, cousais, lisais la Bible et le journal L'Illustration, j'écrivais, j'existais, je mangeais des bananes parfumées.

D'habitude, André restait sur la véranda aux stores baissés, pour lire des livres consacrés aux chevaux, ou faire des calculs, tout d'abord comment il deviendrait très vite milliardaire et, ensuite combien nous pourrions encore tenir…"

L'acquisition des langues

Comment se débrouille-t-on quand on a à parler plusieurs langues, et quand on est un enfant ?

"Once, experts feared that young children exposed to more than one language would suffer “language confusion,” which might delay their speech development. Today, parents often are urged to capitalize on that early knack for acquiring language. Upscale schools market themselves with promises of deep immersion in Spanish — or Mandarin — for everyone, starting in kindergarten or even before.

Yet while many parents recognize the utility of a second language, families bringing up children in non-English-speaking households, or trying to juggle two languages at home, are often desperate for information. And while the study of bilingual development has refuted those early fears about confusion and delay, there aren’t many research-based guidelines about the very early years and the best strategies for producing a happily bilingual child."

Cet article fait le point sur les recherches en cours.

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Source : The New York Times, 10/10/11

22 octobre 2011

Valoriser l'apprentissage des langues

Pourquoi choisir d'apprendre disons le français plutôt qu'une discipline pouvant certainement rapporter plus ?

"If you monetise the value of a degree, will you undertake an MPhil in mediaeval French poetry? You might undertake a law course which extends [your knowledge of] libel or whatever – because actually there's direct value in that postgraduate education which will translate into your career."

Dans cette interview, le vice-chancelier de l'université de Cambridge, Leszek Borysiewicz, dit que l'on ne peut se passer, à tout point de vue, des lettres et des sciences humaines. Ces disciplines requièrent d'une part des compétences égales à celles développées dans le domaine des sciences. Que serait un monde sans celles-là, d'autre part ?

""We talk about the science method. Actually there's a method in learning a language which is quite distinctive, and taking that away, that generic skill is huge. The way historians consider evidence, or the balance of evidence, or an archaeologist will consider evidence, is quite distinctive. For the broad-based university we must have all of those areas if we're going to address some of the global challenges."

The arts and humanities also enrich people's lives, he said. "Medical science can make us live to 90. If you haven't got the arts and humanities what's the point of living until 90?""

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Source : The Guardian, 19/10/11

21 octobre 2011

Publier une correspondance

Peut-on publier sans autorisation les lettres, courriels ou textos que l'on reçoit ? Pour l'avocat Emmanuel Pierrat, c'est à l'auteur de ces textes et à lui seul qu'il revient d'en décider.

"L’article L. 111-3 du Code de la propriété intellectuelle énonce sans ambiguïté que "La propriété incorporelle (…) est indépendante de la propriété de l’objet matériel. L’acquéreur de cet objet n’est investi, du fait de cette acquisition, d’aucun des droits prévus par le présent code."

Seul l’auteur des missives – ou ses ayants droits – est donc titulaire des droits de propriété littéraire et artistique et donc à même de décider de leur exploitation publique. A fortiori, lui seul peut en recueillir le fruit, c’est-à-dire percevoir des droits d’auteur. Des lettres inédites de Romain Rolland ont donné l’occasion à un tribunal de rappeler clairement cette règle : "Attendu que si le destinataire d’une lettre missive peut transmettre la propriété de l’élément matériel qu’elle comporte, il ne s’ensuit pas qu’il ait le droit de disposer à son gré de l’élément intellectuel, c’est-à-dire de la pensée de l’auteur et de son expression ; que celui-ci peut seul en autoriser la publication, que la correspondance soit confidentielle ou non".

Enfin, la divulgation ne doit pas être préjudiciable à l‘auteur des lettres, à leur destinataire ou encore aux tiers qui y sont cités, que ce soit en termes de diffamation, d’injure ou, plus fréquemment, d’atteinte à la vie privée."

Lire l'article (pour les abonnés)

Source : Livres Hebdo, 13/10/11

19 octobre 2011

Je voulais être un homme du livre

L'écrivain Pascal Quignard publie Les Solidarités mystérieuses chez Gallimard.

"Je vais vous dire la vérité : le dieu de mon enfance, c'était l'oncle admirable, rescapé du camp de Dachau, qui m'avait appris à lire. Lorsque mon père est mort, je me suis mis à lui ressembler jusqu'à avoir son crâne chauve et porter ses lunettes rondes. J'adoptai le physique de l'intellectuel par excellence. Cet oncle, qui était le frère de ma mère, Anne Bruneau, s'appelait Jean Bruneau, il enseignait la littérature française à Harvard, c'est lui qui avait présenté et annoté, dans la Pléiade, la monumentale "Correspondance" de Flaubert. Eh bien voilà, je voulais devenir Jean Bruneau, c'est-à-dire un érudit absolu, je voulais être un homme du livre."

P. Quignard rejoint parfois Marguerite Duras dans la façon qu'il a, dans ce nouveau roman, de décrire les êtres et la nature : "Ma mère était grande, très maigre, le front bombé, les joues creuses, l'œil tout petit, noir, mobile, rempli d'anxiété. Elle avait sa beauté à elle." "Elle aimait cette grève si violemment escarpée, si noire, tellement raide, tellement à l'aplomb du ciel." "Elle regarde l'éclat ruisselant, liquide, de la lumière projetée sur les roches, le long de la mer toute blanche, immense."

Mais pourquoi faut-il toujours que l'on demande des comptes aux écrivains que l'on interroge : "Vous situez le lieu près de Dinard. Existe-t-il ?" Qu'importe de le savoir ? Ou de savoir que l'escalier que Claire emprunte page 75 comporte bien 248 marches ?

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Source : Le Nouvel Observateur, 04/10/11

(P. Quignard dans Du jour au lendemain, sur France culture.)

L'abandon de l'excision

Celia Dugger, du New York Times, s'est rendue dans le village de Sare Harouna, au Sénégal : "Across the continent, an estimated 92 million girls and women have undergone it. But like more than 5,000 other Senegalese villages, Sare Harouna has joined a growing movement to end the practice."

"“Before you would never even dare to discuss this,” said Mamadou Dia, governor of the Kolda region where this village is located. “It was taboo. Now you have thousands of people coming to abandon it.”"

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Source : The New York Times, 15/10/11

L'enseignement du kurde

"Une université du sud-est de la Turquie, située dans une zone peuplée en majorité de Kurdes, a ouvert lundi une licence de langue et littérature kurdes. Il s’agit là d’une première.

Le gouvernement a octroyé, ces dernières années, d’importants droits aux quinze millions de Kurdes de Turquie, dans l’espoir de mettre fin à une rébellion armée, et pour augmenter les chances du pays d’intégrer l’Union européenne (UE)."

Ce conflit a fait des dizaines de milliers de morts depuis 1984.

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Source : La Tribune de Genève, 17/10/11

18 octobre 2011

Rimbaud avait-il tout dit ?

"One statistic that Rimbaldians like to cite is that one in five French lycéens today claims to identify with the long-dead poet."

Daniel Mendelsohn, l'auteur des Disparus (The Lost), est également critique littéraire. Il revient dans cet article sur la figure ambivalente de Rimbaud : "There was, on the one hand, the dazzling, remarkably short-lived career: all of Rimbaud’s significant works were most likely composed between 1870, when he was not quite sixteen, and 1874, when he turned twenty. On the other hand, there was the abrupt abandonment of literature in favor of a vagabond life that eventually took him to Aden and then to East Africa, where he remained until just before his death, trading coffee, feathers, and, finally, guns, and making a tidy bundle in the process."

Mais pourquoi Rimbaud a-t-il abandonné la littérature ? Pour D. Mendelsohn, il ne s'agit peut-être pas là d'un si grand mystère que ce renoncement ou cette renonciation : "The apparently irreconcilable extremes of his thought and behavior are easier to account for when you remember that Rimbaud the poet never reached adulthood: violent oscillations between yearning and contempt, sentimentality and viciousness, are not unheard of in adolescents. […] Like J. D. Salinger, another beloved celebrant of youthful turmoil, Rimbaud may simply have found that, as he grew up, the urgency of his subject was gone. There was nothing left to say."

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Source : The New Yorker, 29/08/11

17 octobre 2011

Scolarisation

En Italie, des enfants sont au travail quand ils devraient être à l'école : ""I dispersi al di sopra dei 14 anni sono circa 52.000 in Campania", racconta Amelia Cozzolino, dell' ex progetto Suaris, Supporto all' attività di inclusione scolastica, cancellato in Regione da un anno. Continua Amelia: "A Napoli e provincia c' è il picco di abbandono per fascia d'età più bassa: 80 casi accertati nel centro della città, e oltre 50 tra i 6 e i 7 anni. E molti di questi bambini hanno a loro carico situazioni di disabilità fisiche o psichiche.""

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Source : La Repubblica, 06/10/11

8 octobre 2011

Une édition critique de "Mein Kampf"

Mein Kampf tombera en 2015 dans le domaine public. Que faire ? Les auteurs de cette tribune demandent à ce que soit établie une édition critique de l'ouvrage.

"Nous pensons qu'il est impératif que 2015 soit l'année où Parlement et instances européennes publient une recommandation demandant qu'un avertissement soit inclus dans chaque nouveau volume. Cet avertissement serait inspiré de celui exigé en France depuis 1979. Nous proposons également que cette signalétique s'applique à Internet par une démarche volontaire des gestionnaires de sites et des moteurs de recherche.

Enfin, il est nécessaire que des éditions scientifiques soient publiées en différentes langues et donc en français […]. L'usage en serait scientifique, pédagogique ; cela permettrait d'envisager enfin Mein Kampf comme un objet d'histoire et de battre en brèche un certain fétichisme qui entoure le texte. C'est un devoir d'histoire et de prévention pour l'avenir, d'autant plus nécessaire qu'aujourd'hui les cieux européens s'assombrissent sur les plans économique et politique."

Mais le plus important n'est-il pas de mettre l'accent sur l'apprentissage de la lecture ? Le bon lecteur étant celui qui peut aborder tout type de texte, y compris celui dont il est ici question, sans se laisser démonter.

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Source : Le Monde, 06/10/11

La Clemenza di Tito

The Wall Street Journal a rendu compte de cet opéra de Mozart, que l'on a pu voir à Paris en septembre : "The story of the enlightened Roman emperor so merciful that he forgives everyone for everything—from the maiden who refuses his imperial offer of marriage to the friend who not only betrays but also tries to murder him—is so improbable that it's nearly a fairy tale."

L'empereur Titus était, en effet, d'après le Dictionnaire de l'Antiquité de l'université d'Oxford, "d'une grande bonté et prodigalité" : "Il bénéficia d'une extrême popularité durant son court règne, malgré les grands fléaux qui survinrent alors : l'éruption du Vésuve en 79, puis la peste et un incendie qui anéantit une partie de Rome l'année suivante."

Mais l'une des sources d'inspiration du poète Pietro Metastasio, auteur du livret, était littéraire. Il avait lu Racine et l'on ne peut pas ne pas penser au personnage de Pyrrhus, dans Andromaque, qui refuse de tuer le fils d'Hector, comme la foule le lui demande : "Ah ! si du fils d'Hector la perte était jurée, / Pourquoi d'un an entier l'avons-nous différée ? […] La victoire et la nuit, plus cruelles que nous, / Nous excitaient au meurtre, et confondaient nos coups. / Mon courroux aux vaincus ne fut que trop sévère. / Mais que ma cruauté survive à ma colère ? / Que malgré la pitié dont je me sens saisir, / Dans le sang d'un enfant je me baigne à loisir ?" Comment combattre la pulsion de mort, voilà de quoi cela parle.

"As the reluctant traitor Sesto, driven into attempted murder by his youthful passion for Vitellia, French mezzo-soprano Stéphanie d'Oustrac is simply terrific."

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Source : The Wall Street Journal, 16/09/11

6 octobre 2011

Ceci n'est pas un film

Ceci n'est pas un film est le titre du dernier film de Jafar Panahi et Mojtaba Mirtahmasb qui vient de sortir sur les écrans en France et une antiphrase à l'attention des censeurs. Jafar Panahi a été condamné en décembre 2010 à six ans de prison, vingt ans d'interdiction d'exercer le métier de réalisateur et de quitter le territoire. Il a fait appel de ce jugement. Il est assigné à résidence. Mojtaba Mirtahmasb a été arrêté le 18 septembre 2011 et emprisonné.

"Je voulais au départ faire un documentaire sur tous les réalisateurs iraniens qui sont frappés par l’interdiction d’exercer. Je voulais passer un jour avec chacun d’eux pour expliquer concrètement l’impact que cela avait sur leur vie professionnelle, explique Mojtaba Mirtahmasb. À travers le cas de Jafar Panahi, se cristallisaient tous les problèmes que nous avions vécus ces dernières années. Tout ce qui lui arrive est emblématique de notre situation."

Ceci n’est pas un film n’est pas seulement un acte de défi aux autorités, c’est une œuvre cinématographique, rythmée de tension et de rire amer. Comme Mirtahmasb le déclare durant le film : "Ce qui compte, c’est que tout ceci soit enregistré et documenté. Que la caméra reste allumée.""

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Source : France 24, 26/09/11

5 octobre 2011

Un problème d'accent ?

Peut-on enseigner une langue quand on a un accent ? Qui décide que l'on ne la parle pas suffisamment "correctement" ?

"Ms. Aguayo is a veteran teacher in the Creighton Elementary School District in central Phoenix as well an immigrant from northern Mexico who learned English as an adult and taught it as a second language. Confronted about her accent by her school principal several years ago, Ms. Aguayo took a college acting class, saw a speech pathologist and consulted with an accent reduction specialist, none of which transformed her speech."

"Because she was told that state policy forbade her to teach students who were learning English, she has filed a complaint with the federal Equal Employment Opportunity Commission."

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Source : The New York Times, 24/09/11

29 septembre 2011

Language means power

Peter Kruschwitz, de l'université de Reading, s'interroge sur la politique linguistique menée actuellement par le gouvernement de David Cameron et plus généralement sur la place des langues au Royaume-Uni.

Si l'apprentissage de l'anglais est un prérequis : "It would be perverse to argue that, in a modern society, one could leave it at individuals' liberty to learn the majority language. It is an essential skill, enabling individuals not only to survive, but to participate and engage constructively in political, social, cultural, and economic life."

Pourquoi ne pas en même temps tenir davantage compte des langues parlées par une partie de plus en plus importante de la population ?

"To learn a language means more than to be able to render discrete words or sentences into a different code. In a society with an ever-increasing number of bilinguals, this must mean opportunity and potential. Increasing numbers of the population have an ability that is highly sought after, but are still barred from access to power and participation. Why is that? Is it really just their lack of fluency in the majority language, or is it the majority culture which is intent on producing monolinguals, thus missing out on the socio-cultural as well as on the economic potential that lies within these segments of our society?"

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Source : The Guardian, 16/09/11

Le syndicalisme enseignant

"Lorsque Laure Gaudreault a fondé le premier syndicat d'enseignants du Québec, le 2 novembre 1936, il y a 75 ans, une institutrice rurale gagnait environ 200 $ par année, soit quatre fois moins qu'une vendeuse chez Eaton et cinq fois moins que ses collègues masculins. Pour ce salaire, elle rentrait le bois de chauffage dans l'école, allumait le poêle et la lampe à pétrole, enseignait parfois à des enfants de sept niveaux différents et pourvoyait souvent à leurs besoins matériels."

"Une Révolution tranquille, bien des luttes syndicales et bien des réformes plus tard, un enseignant de niveau primaire ou secondaire gagne de 45 000 $ à 72 000 $ par année au Québec, selon son ancienneté."

Mais comme en France, les syndicats ont aujourd'hui du mal à mobiliser.

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Source : Le Devoir, 24/09/11

28 septembre 2011

Des classes non mixtes ?

"The push for more single-sex instruction in public schools is based on weak, “misconstrued” scientific claims rather than solid research and may do more harm than good, according to a study published in the journal Science. […] Evidence is more clear that sex segregation increases gender stereotyping and legitimizes institutionalized sexism, the authors write."

"The authors cite as unfounded work by [Leonard] Sax that boys and girls, for example, respond to classroom stress differently because of differences in their autonomic nervous systems, which make boys thrilled by loud, energetic or confrontational teachers, such as “What’s your answer, Mr. Jackson? Give it to me!” while girls prefer to be approached by a gentler touch, such as “Lisa, sweetie, it’s time to open your book.”"

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Source : The Washington Post, 23/09/11

Parle-t-on encore français à Montréal ?

"Une nouvelle étude commandée par l'Office québécois de la langue française confirme que moins de la moitié des Montréalais parleront le français à la maison au cours des prochaines décennies.

Selon les prévisions faites à partir des données du recensement de 2006, le poids démographique des locuteurs francophones à la maison passera de 54 % à 47,5 % dans la métropole d'ici 2031, tandis que celui des anglophones chutera de 25 % à 23 %. Ce sont les allophones qui connaîtront une hausse en raison de l'immigration : de 21 % à 30 %, selon le démographe et président du Comité de suivi de la situation linguistique, Marc Termote."

"Pour la ministre de la Culture, Christine St-Pierre, ces études "confirment les grandes tendances qui font en sorte que la population québécoise, sous l'effet de la baisse de la fécondité des francophones, du vieillissement conséquent de la population et de l'augmentation du nombre d'immigrants n'ayant pas le français comme langue maternelle, tend à se diversifier sur le plan linguistique", a-t-elle indiqué par voie de communiqué."

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Source : Le Devoir, 10/09/11

24 septembre 2011

Après le livre ?

L'historien Roger Chartier rend compte dans cet article du dernier livre de François Bon, qui s'intitule ironiquement : Après le livre.

Sommes-nous partie prenante d'une "mutation de l'écrit plus radicale encore que celles qui substituèrent le codex au rouleau, puis l'imprimé à la copie manuscrite" ? Les ruptures ne sont "peut-être pas aussi brutales qu'il y pourrait paraître", relève R. Chartier : "Certes, le livre électronique n'offre plus les repérages que permettait la matérialité même du livre imprimé, avec son volume qui donnait à voir la dimension de l'ouvrage et ses pages qui en organisaient les divisions, mais, pour autant, "on n'est pas si perdu que ça dans un livre [ou une revue] numérique" grâce aux dispositifs qui en scandent et organisent les textes."

Pour F. Bon, ce qui a changé n'est pas tant le livre, que "notre rapport aux écrits", souligne encore R. Chartier : "En permettant conversations et débats sur la même "page" que le texte qui en est l'objet, ["l'écriture Web"] efface le cloisonnement entre écrire et lire, favorise l'écriture collective et fait perdre à l'écrivain solitaire sa souveraine autorité. Ce mode de publication donne à lire les œuvres dans leur mouvement, dans chacun de leurs états successifs, toujours "ouverts aux réécritures", et, de ce fait, il abolit la distinction tranchée entre brouillons* et texte définitif."

Mais cette "abolition" est-elle souhaitable ? Et l'écriture "collective" un bien en soi ?

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Source : Le Monde, 22/09/11

(* Pierre-Marc de Biasi, qui s'intéresse à la génétique littéraire, s'inquiète au contraire de voir ces brouillons disparaître.)

21 septembre 2011

L'abolition universelle

Il y a trente ans, l'Assemblée nationale votait l'abolition de la peine de mort en France. Mais aujourd'hui encore, ça continue aux États-Unis, en Chine, en Iran…

Robert Badinter revient dans cet entretien sur le combat qu'il a mené et qu'il continue de mener : "Sur les 194 États que compte l’ONU, 138 sont abolitionnistes, en droit ou en fait. L’abolition est devenue largement majoritaire dans le monde. […] La peine de mort est vouée à disparaître, comme la torture, de toutes les justices dans le monde."

Philippe Maurice a été condamné à mort en 1980 puis gracié par François Mitterrand. En décembre 1995, il a soutenu une thèse de doctorat en histoire médiévale à l'université de Tours : "J'ai commencé à étudier alors que j'avais encore des idées d'évasion en tête. Elles ont disparu au moment de la licence ou de la maîtrise." Il donne aujourd'hui des cours à Sciences Po et à l'École des hautes études en sciences sociales.

"Aucune des valeurs qui sont au cœur du projet francophone, a rappelé Abdou Diouf lors du dernier congrès mondial contre la peine de mort qui s'est tenu en 2010 à Genève, ne pourront jamais justifier que l’on relativise la valeur de la vie humaine au point d’accepter de la supprimer légalement."

Sources : Le Progrès, 18/09/11 ; La Voix du Nord, 18/09/11

19 septembre 2011

Le latin n'est plus une option

"Malgré les efforts de renouvellement de cet enseignement, […] dès la fin du collège, la majorité des élèves cherche à fuir cette option facultative. S'ils sont encore 18,8 % à étudier cette discipline au collège, leur nombre chute à 4,8 % au lycée."

"Pour entrer dans un "bon collège", l'option latin n'est plus le seul argument des parents en quête d'excellence. […] Les parents préfèrent envoyer leurs enfants brillants en classe "bilangue" dès la sixième, puis en "classe européenne" au lycée, des systèmes qui leur permettent d'étudier à haute dose deux langues vivantes."

En octobre 2010, l'historien Paul Veyne écrivait dans l'hebdomadaire Le Point : "Il y a encore un mois, j'étais de l'avis de Raymond Aron. "Le latin et le grec, dans l'enseignement, c'est une superstition, me disait-il dans les années 70. Il suffit qu'il y ait dans les universités, à chaque génération, une quarantaine de spécialistes pour écrire des livres sur l'Antiquité et refaire les traductions." Je le croyais d'autant plus volontiers que certaines raisons qu'on donne pour défendre le latin sont des balivernes. Et puis, brusquement, lorsque j'ai appris que le latin et le grec étaient menacés, mon cœur s'est serré et j'ai découvert pourquoi il fallait les défendre dans l'enseignement secondaire. […] Faire des langues anciennes, c'est expérimenter que nous-mêmes étions totalement différents de ce que nous sommes."

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Source : Le Figaro, 16/09/11

La société des égaux

Pierre Rosanvallon, professeur au Collège de France, est interrogé dans cette émission sur quelques-unes des problématiques qu'il aborde dans son dernier ouvrage La Société des égaux. Il revient notamment sur le mécanisme de l'égalité des chances, producteur selon lui d'inégalités, et la démocratie comme forme de société. 

Karl Popper pensait que l'on pouvait être individualiste et altruiste. Pierre Rosanvallon parle de réciprocité : "Une société ne peut pas fonctionner à l'égoïsme, à l'individualisme radical. Mais elle ne peut pas fonctionner non plus sur l'idéalisation de l'altruisme. Le principe social le plus solide est, pour cela, celui de la réciprocité. Or, aujourd'hui, le défaut de réciprocité est immense dans nos sociétés."

Dans un entretien que le site Mediapart vient de publier (accès payant), il donne quelques exemples. "Michel Houellebecq peut expliquer que la France n'est, pour lui, qu'un hôtel… Si on ne fait plus société ensemble, alors on ne paye plus d'impôts, ou on ne paye qu'en fonction du service rendu."

"Le problème décisif, explique-t-il, est aujourd’hui de savoir quels sont les moments, les lieux et les activités qui ont un véritable sens public." À chacun, à chaque collectivité, de se poser la question.

Écouter l'émission

Source : France culture, 17/09/11

(P. Rosanvallon dirige la collection "La République des idées" au Seuil)

14 septembre 2011

Digamos no al planchado de senos

"Esta forma de "mutilación femenina", como la califica la agencia oficial de cooperación alemana GTZ, que ha tenido un papel pionero en revelar esta práctica y luchar contra ella, la sufre al menos el 24 % de las mujeres en Camerún, según este organismo."

"Algunos expertos creen que tras la práctica del planchado está el tabú de hablar de sexo con los hijos y que es por ahí por donde podría venir parte de la solución. Precisamente esa es una de las vías que se han puesto en marcha para intentar atajar esta costumbre. Las "tías" (tantines, en el cariñoso diminutivo francés) de las pequeñas son las encargadas. No son de la familia, sino que se trata de adolescentes que han sido madres sin desearlo entre los 12 y los 18 años."

"Encuadradas en más de 250 asociaciones bajo la organización paraguas Renata, unas 15.000 jóvenes han recibido formación para educar a los adolescentes en salud reproductiva y sexual, incluida la prevención del sida. Con el apoyo de la cooperación alemana, las tantines han puesto en marcha en los medios de comunicación la campaña Digamos no al planchado de senos.

En su web, las activistas explican con claridad las causas que subyacen tras la sórdida práctica del planchado. "La gente cree que los senos van a atraer a los hombres, que los senos van a empujar a las niñas a tener relaciones sexuales precoces que pueden dejarlas embarazadas, que las niñas pueden crecer normalmente y continuar sus estudios después del planchado, que las niñas no tendrán vergüenza por tener ya pechos", explican.

De pueblo en pueblo, de barrio en barrio, predican contra una práctica que abrasa la pubertad femenina y cuyo secreto se rompe poco a poco."

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Source : El País, 12/09/11

Quelle réforme pour quelle éducation ?

Diane Ravitch revient dans cet article sur les réformes éducatives en cours aux États-Unis partant d'un constat d'échec : "Because of its utopian goals, coupled with harsh sanctions, No Child Left Behind (NCLB) has turned out to be the worst federal education legislation ever passed."

Le remède est parfois pire que le mal : "Most research studies agree that charter schools are, on average, no more successful than regular public schools; that evaluating teachers on the basis of their students’ test scores is fraught with inaccuracy and promotes narrowing of the curriculum to only the subjects tested, encouraging some districts to drop the arts or other nontested subjects; and that the strategy of closing schools disrupts communities without necessarily producing better schools."

Contre une vision simpliste de l'école, Diane Ravitch oppose quelques évidences : "Economists agree that teachers are the most important influence on student test scores inside the school, but the influence of schools and teachers is dwarfed by nonschool factors, most especially by family income. The reformers like to say that poverty doesn’t make a difference, but they are wrong. Poverty matters. The achievement gap between children of affluence and children of poverty starts long before the first day of school. It reflects the nutrition and medical care available to pregnant women and their children, as well as the educational level of the children’s parents, the vocabulary they hear, and the experiences to which they are exposed."

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Source : The New York Review of Books, septembre 2011

13 septembre 2011

Apprendre à lire et à écrire

"Ce n'est pas une méthode qui sauvera les enfants du naufrage de l'illettrisme, ce sont des enseignants bien formés et conscients des habiletés affectives et intellectuelles qui sous-tendent la lecture."

Sandy a commencé sa carrière dans une classe de première année à Saint-Josse. Voici comment s'est déroulée sa première journée. "Elle a écrit au tableau une phrase : "Bonjour, bienvenue en première année !" Cette phrase, elle l'a lue aux enfants et elle leur a demandé de la lire plusieurs fois en plaçant son doigt en dessous des mots lus. Les enfants ont pu assez vite "lire" cette phrase par mémorisation et par ce qui deviendra de la reconnaissance visuelle. Elle a ensuite demandé aux enfants si un même son ne revenait pas plusieurs fois dans cette phrase. Certains enfants ont ainsi pu isoler le [b]. Puis, Sandy a emmené son petit groupe au coin lecture pour lire l'histoire d'un loup qui veut devenir conteur. Un peu plus tard, notre jeune collègue a demandé aux enfants d'écrire leur nom sur un cahier qui désormais leur appartiendra."

"Par sa phrase de bienvenue, elle montre aux enfants qu'écrire cela sert, entre autres, à accueillir ; elle leur apprend aussi à reconnaitre des mots qui resteront ensuite sur les murs de la classe et qui constitueront le début de leur capital de mots. Par le repérage d'un son récurrent dans cette phrase, elle entre dans le code et donc dans le principe alphabétique qui régit notre langue constituée de lettres et de sons. En leur lisant une belle histoire, elle leur fait découvrir que lire apporte du plaisir ; elle éveille ainsi la motivation à entrer dans cet apprentissage long, subtil et pour certains laborieux. Enfin, par l'écriture de leur nom, elle présente aux enfants une des fonctions de l'écrit : garder une trace pour retrouver et identifier un objet."

"Son approche montre que lire est bien plus qu'un acte technique, c'est entrer dans une nouvelle culture, la culture de l'écrit. Or, on sait que l'enfant qui a grandi dans un environnement de livres s'installe tout naturellement dans cette culture ; cette étape que constitue cet apprentissage n'a rien pour lui de scolaire et lui semble au contraire naturel pour accéder au monde des adultes. Il n'en est rien évidemment pour des enfants où l'écrit est le grand absent de leur vie familiale."

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Source : RTBF, 07/09/11

L'état de l'éducation dans le monde

Regards sur l’éducation vient de paraître. "Conçue pour permettre aux pays d’évaluer la performance de leur système d’enseignement à la lumière de celle d’autres pays, cette publication annuelle de l'OCDE présente un large éventail d’indicateurs actualisés et comparables sur les résultats des systèmes éducatifs.

Les indicateurs montrent qui participe aux activités éducatives, quelles dépenses leur sont affectées, et comment les systèmes éducatifs fonctionnent et quels sont les résultats obtenus. Les indicateurs de résultats portent sur des aspects très variés, allant de la comparaison des performances des élèves dans des disciplines fondamentales jusqu’à l’analyse de l’impact de la formation sur les revenus et sur les perspectives d’emploi à l’âge adulte."

"Cette édition comprend de nouveaux indicateurs, portant sur les réformes sur les frais de scolarité mises en place depuis 1995 ; la relation entre le milieu social et les résultats d’apprentissage ; le degré de responsabilisation des établissements d’enseignement publics et privés ; les domaines d’études choisis par les étudiants ; les débouchés sur le marché du travail selon les filières professionnelle et académique ; l’état des lieux des activités de formation des adultes ; et l’engagement des élèves dans la lecture."

Présentation

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12 septembre 2011

Échanges universitaires

"About 690,000 foreign students attended in the 2009-10 school year, up 26 percent from a decade ago."

Pour les universités américaines, l'arrivée d'étudiants étrangers, venant majoritairement de Chine, est une manne financière ainsi qu'une ouverture sur le monde : "Nationally, public and private schools have found recruiting overseas helps their bottom line. But U-Va. officials said the greatest value of the foreign influx comes from intellectual stimulus. A late-night dorm discussion about the Chinese government’s blockage of Facebook becomes more sophisticated when a student explains what it means to live with the ban. A history class on the Korean War gains insight when a student shares how it was taught in her high school in Seoul or Beijing."

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Source : The Washington Post, 02/09/11

9 septembre 2011

Les prénoms berbères

"Les enfants sont désignés par le nom d'un de leurs ancêtres, par le nom du lieu de naissance de l'enfant, par un nom caractérisant un défaut, une qualité, un trait physique ou moral (Oidipous : "pied enflé"), par un nom qui devrait définir la personnalité de l'enfant, par le nom d'une divinité, par le nom d'un rang dans la famille (Sextus : "sixième"), par le nom porté par une personne célèbre... Le nom donné contribue à la réussite de l'enfant." *

"Aujourd’hui à T’kout et un peu partout dans les Aurès, les prénoms berbères dominent chez les moins de 10 ans, peut-on lire dans El Watan. Et c’est Massinissa qui détient la palme. Dans l’école primaire de Chenaoura par exemple, on a compté pas moins de 11 élèves portant le nom du roi des Berbères. Ghiles et Jugurtha sont aussi prisés et des prénoms moins connus, mais aussi beaux et forts, sont actuellement en vogue, à l’image de Mastias."

Depuis une dizaine d’années, la population chaouie "a bravé l’interdit et réussi à imposer une nomenclature puisée dans la culture et l’histoire amazighes".

Lire l'article (inscription gratuite)

Source : El Watan, 01/09/11

(* Pour lire aujourd'hui les textes de l'Antiquité, CRDP, France, 2003)

Injures et intimidation

"Bouffon", "fayot", "intello"… "Le vocabulaire argotique en usage afin de désigner certains élèves, principalement dans les collèges, peut prêter à sourire. Cependant, les situations qu'il décrit, souvent sous-estimées, voire ignorées, ne sont pas risibles. Il s'agit en fait d'insultes et de brutalités exercées à l'encontre de tous ceux qui manifestent des faiblesses diverses : les élèves jugés disgracieux, timides, dociles ou qui refusent la violence", écrit Marie Raynal dans son éditorial du numéro de septembre 2010 de Ville-École-Intégration, qui porte sur "l'influence des pairs".

Au Québec, "près des deux tiers des enfants sont victimes d'injures, d'intimidation ou d'agressions de façon modérée ou élevée", pointe Le Devoir qui s'appuie sur une enquête récente : "cette "victimisation" subie par les enfants serait directement associée à un plus faible attachement à l'école, un des facteurs du décrochage scolaire."

"En outre, les données de l'Étude longitudinale du développement des enfants du Québec (ELDEQ 1998-2010) démontrent que, sans établir de lien de cause à effet, les enfants qui sont davantage "corrigés" par leurs parents par des méthodes coercitives (punitions, remontrances physiques ou verbales, etc.) sont plus susceptibles de se retrouver dans la catégorie des enfants modérément ou hautement victimisés."

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Source : Le Devoir, 08/09/11

7 septembre 2011

L'égalité des chances ?

Pour Pierre Merle, professeur d'université, les inégalités scolaires en France ne diminuent pas tandis que la mixité sociale dans les établissements recule du fait de l'assouplissement de la carte scolaire. Les mesures prises pour promouvoir l'égalité des chances ne bénéficient qu'à un petit nombre d'élèves : "Les progrès de quelques-uns sont obtenus au détriment du plus grand nombre."

Jules Donzelot, doctorant en sociologie à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS), se penche sur le cas de l'Angleterre : "C’est en référence à des valeurs d’équité et de justice sociale qu’a été introduite la première hausse significative des frais d’inscription à l’université en Angleterre."

Ces dernières années, l'Institut d'études politiques (IEP) de Paris a vu le nombre de ses étudiants boursiers augmenter en même temps que ses frais d'inscription – les plus riches payent pour les plus pauvres. Pour le New York Times, un bastion est tombé. Pour Le Monde, ce bilan est à relativiser : "En dix ans, le nombre d'élèves issus de familles défavorisées a bien augmenté. Mais leur part reste ultraminoritaire."

"Si l'accès d'un petit groupe d'élèves des milieux populaires méritants à l'enseignement supérieur sélectif apparaît juste et très gratifiant pour les enseignants, tient à rappeler Agnès van Zanten, il ne faut pas qu'il prenne la place des actions indispensables à mener pour faire progresser tous les élèves et réduire les écarts entre les lycées favorisés et défavorisés."

Sources : "Bilan scolaire globalement négatif", Le Monde, 05/09/11 ; "L’égalité des chances en Angleterre", La Vie des idées, 06/09/11 ; "In France, a Bastion of Privilege No More", The New York Times, 04/09/11 ; "Dix ans après, démocratisation en demi-teinte pour Sciences Po Paris", Le Monde, 07/09/11.

6 septembre 2011

Corrélation positive

Le nombre d'étudiants étrangers qui viennent faire des études postsecondaires au Québec augmente.

Cette hausse "est en partie le fruit des efforts des cégeps* et des universités, plus intenses depuis dix ans, et des stratégies gouvernementales et missions de recrutement pour maintenir l'économie à flot et empêcher la province de prendre du retard en innovation dans certains domaines de pointe".

"La preuve de la "corrélation positive" entre l'éducation internationale et la performance économique n'est plus à faire. "C'est une vérité de La Palice que le Québec évolue dans un monde de plus en plus mondialisé et qu'il ne peut pas se permettre de s'isoler et de ne pas réseauter", soutient Jean-Pierre Ouellet, vice-recteur de l'université du Québec à Rimouski (UQAR)."

Si le français peut être un atout, "le bassin de recrutement est beaucoup plus petit", comme le fait remarquer Daniel Zizian, directeur général de la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CREPUQ) : "Il faut travailler un certain nombre de marchés pointus pour aller chercher de la clientèle. Des Chinois qui parlent français, il y en a. Mais c'est plus difficile à trouver."

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Source : Le Devoir, 03/09/11

(* collège d'enseignement général et professionnel)

5 septembre 2011

No comment

"Pour remettre de l'ordre dans les salles de classe, le ministre de l'Éducation [britannique] a détaillé jeudi son programme. Il veut renforcer la discipline et restaurer l'autorité des enseignants, au besoin en permettant l'usage de la force physique. On ne parle plus de châtiments corporels, abolis dans les établissements publics depuis 1987, mais de "contrainte physique"."

"Parmi les moyens de restaurer l'autorité en classe, le gouvernement estime urgent de renforcer la présence d'enseignants masculins, capables de montrer à la fois "force et sensibilité". Seuls un quart des nouveaux professeurs sont des hommes et une école primaire sur quatre n'en compte pas parmi ses effectifs. Pour réduire ce déficit, le gouvernement lance un programme de reconversion de militaires dans l'enseignement, qui coïncide avec un plan de réduction des troupes dans l'armée. Une nouvelle école privée en projet à Manchester doit être encadrée uniquement par d'anciens soldats. Au programme : "tolérance zéro", "discipline immédiate et rapide", "élimination des difficultés de lecture et d'orthographe" et éloge des "valeurs martiales"."

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Source : Le Figaro, 02/09/11

Inexplicable ?

En juillet au Festival d'Avignon, Marcel Gauchet et Philippe Meirieu ont planché sur le thème "Peut-on réinventer l'école ?" On reste un peu sur sa faim…

Plus grave, peut-être, cet aveu d'ignorance et d'impuissance : "Lire, ce n'est pas seulement déchiffrer, c'est aussi comprendre. Cela met en jeu une série d'opérations complexes d'analyse, de contextualisation, de reconstitution sur lesquelles nous ne savons presque rien. Comment parvient-on à s'approprier le sens d'un texte ? On constate empiriquement que certains y parviennent sans effort, alors que d'autres restent en panne, de manière inexplicable. Sur tous ces sujets, nous sommes démunis : nous nous raccrochons à un mélange de routines plus ou moins obsolètes et d'inventions pédagogiques plus ou moins aveugles."

Sommes-nous démunis ? Les causes qui font que les "enfants de la modernité" ne lisent pas ne nous sont-elles pas connues ?

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Écouter l'enregistrement

Source : Le Monde, 02/09/11

26 août 2011

Du miel aux cendres

"Un homme s'était mal conduit vis-à-vis d'un autre qui voulut se venger. Sous le prétexte d'une cueillette de fruits, ce dernier fit grimper son ennemi à un arbre, et l'y abandonna après avoir retiré la perche dont l'autre s'était aidé pour monter." Mais un urubu (vautour-charognard) "réussit à le tirer d'affaire et le ramena chez lui. C'était le maître du tabac. Il possédait deux espèces, l'une bonne et l'autre toxique, dont il fit don à son protégé afin qu'il apprît à fumer la première et utilisât la seconde pour se venger. De retour au village, le héros offrit le mauvais tabac à son persécuteur qui fut pris d'étourdissements et se changea en fourmilier." Dans le deuxième volume des Mythologiques, Claude Lévi-Strauss montre que le tabac était pour les Indiens d'Amérique du Sud un aliment ou un poison selon l'usage que l'on en faisait.

Au Liban, il sera prochainement interdit de fumer "dans les espaces publics fermés, comme les hôpitaux, les transports publics, les écoles… Les restaurants, bars et pubs bénéficieront quant à eux d'un an de répit avant de devoir appliquer l'interdiction. Les cafés et restaurants qui proposent le narguilé devraient au cours de cette année aménager un espace en plein air pour pouvoir poursuivre leur activité".

Source : L'Orient-Le Jour, 18/08/11

24 août 2011

Le coût de la vie étudiante

L'Union nationale des étudiants de France (UNEF) publie son enquête annuelle sur le pouvoir d'achat des étudiants : "En 2011-2012, le coût de la vie étudiante augmente de 4,1 % soit deux fois plus vite que l’inflation. Cette hausse est tirée vers le haut par la flambée des loyers à l’emménagement et l’absence de revalorisation réelle des aides au logement."

L'UNEF se prononce pour une revalorisation de ces aides de 20 % ainsi que pour un gel exceptionnel des frais obligatoires (coût des repas, frais d'inscription, montant de la cotisation sociale) : "Depuis 2006, la part des étudiants, dans l’enseignement supérieur, issus des foyers les plus modestes, a baissé de 9,1 points. La possibilité de faire des études et de les réussir dépend lourdement de son origine sociale. Le modèle républicain de l’ascenseur social ne fonctionne plus, pire il pousse les jeunes issus des familles moyennes et modestes à déserter les formations du supérieur. Cette situation est non seulement insupportable socialement mais aussi irresponsable économiquement à l’heure où la France manque de diplômé."

Pour Pierre-André Chiappori, professeur d'économie à l'université de Columbia, certaines de ces mesures sont cependant à double tranchant : "Au lieu d'offrir gratuitement à tous un service qui profite surtout aux plus aisés, une logique redistributive bien comprise supposerait le paiement, par la grande majorité des étudiants issus de classes favorisées, de frais de scolarité significatifs. Ces derniers seraient assortis, le cas échéant, de possibilités d'emprunts à taux privilégiés conjuguées à une dispense au-dessous d'un certain seuil de ressources familiales et à un système de bourses beaucoup plus développé pour les étudiants issus de milieux réellement défavorisés." (Le Figaro, 14/07/11)

Pour en savoir plus :

"Rentrée universitaire : le coût aurait augmenté de 4,1 %", Le Figaro, 22/08/11 ; "Un rapport lève le tabou des frais d'inscription à la fac", Le Figaro, 14/07/11 ; "Faire des études coûte de plus en plus cher", Libération, 22/08/11 ; "Les études sont réservées à une élite", Le Monde, 22/08/11. Ces témoignages permettent de se faire une idée du coût de la vie en France : "Ayant grandi dans le département de la Manche et souhaitant, après mon BTS électronique, poursuivre jusqu'au diplôme d'ingénieur, l'étape Paris était obligatoire. Le plus gros poste de dépense est le loyer : 860 € mensuel à deux. Vient ensuite l'alimentation, environ 350 € mensuel à deux. Puis le transport, 75 € mensuel."

23 août 2011

3,6 milliards d'habitants

Selon l'Institut national d'études démographiques (INED), "l'essentiel de la croissance démographique d'ici à la fin du siècle sera concentrée sur l'Afrique subsaharienne, la péninsule arabique et les régions allant de l'Afghanistan au nord de l'Inde. La population de l'Afrique pourrait ainsi quadrupler et passer de 800 millions d'habitants en 2000 à 3,6 milliards en 2100."

"En 2050, la population en Afrique pourrait s'élever à 2,3 milliards. Selon cette projection, le Nigeria se positionnerait en troisième position des pays les plus peuplés du globe avec 433 millions d'habitants, derrière l'Inde et la Chine, qui compteraient respectivement 1,69 milliard et 1,3 milliard d'habitants. Parmi les autres pays africains les plus peuplés en 2050 figureraient l'Éthiopie, la RDC et la Tanzanie."

La population mondiale devrait franchir le cap des sept milliards d'ici à la fin de l'année.

Lire l'article

Source : Le Monde, 18/08/11

19 août 2011

What is going on in Chile?

Le vacarme permet d’éloigner les puissances du mal. Cette croyance n’est pas nouvelle. Lors des éclipses, cette pratique rituelle était ainsi quasiment universellement répandue. Mais que l’on pense aussi au charivari, par exemple, qui, dans une moindre mesure, venait, en Europe, sanctionner une union quand on jugeait qu’elle pouvait créer un préjudice pour la société dans son ensemble.

"At the heart of the students' anger is a perception that Chile's education system is grossly unfair - that it gives rich students access to some of the best schooling in Latin America while dumping poor pupils in shabby, under-funded state schools."

"Are the protests simply about education or do they reflect wider discontent with the government and the way the country is run?" Cet article de BBC News retient la seconde hypothèse : "The economic progress of recent years has raised expectations, and many Chileans say they now want social progress too."

Lire l'article (anglais)

Source : BBC News, 11/08/11

En français : La dernière journée de mobilisation, AFP, 18/08/11 ; "Chili : les étudiants se soulèvent contre les restes de l'ère Pinochet, Le Monde, 10/08/11 ; "Manifestations au Chili : les étudiants jeûnent, courent, s'embrassent", Cyberpresse, 18/08/11

18 août 2011

La collection Jean Planque

La collection de la Fondation Jean et Suzanne Planque est exposée au Musée Granet à Aix-en-Provence jusqu'au 2 octobre 2011. Si vous voulez en savoir plus sur cette exposition, lisez cet article du galeriste Alain Paire, ainsi que l'entretien que le conservateur de la Fondation, Florian Rodari, lui a accordé. 

En 1981, Florian Rodari a fondé à Genève une maison d'édition, La Dogana – qui vient de fêter ses trente ans (Le Temps, 27/05/11) – et dont toute nouvelle parution est attendue. Dans cet entretien, il dit en quoi Aix-en-Provence a pu figurer parmi ses meilleurs souvenirs d'adolescent : "J’ai fait plusieurs séjours à la Tour de César chez deux amis des Jaccottet, Jeannot Eicher et Wayland Dobson, facteurs de clavecins qui vivaient là dans une bergerie où tout avait été aménagé avec un goût absolument parfait pour le plaisir, entier et varié, de leurs hôtes. J’ai rencontré là toute une société de gens libres et hautement originaux qui en quelques semaines m’a marqué pour la vie."

Lire l'entretien (17/08/11)

Source : Site de la galerie d'art Alain Paire

16 août 2011

Peut-on se passer de Google ?

"Google is trying to read your mind, écrit James Gleick, dans cet article de la New York Review of Books. Only it’s not your mind. It’s the World Brain."

En novembre 2010, nous nous interrogions sur ce que Facebook faisait de nous. Qu'en est-il de Google, que nous utilisons sans même plus nous en rendre compte, et à chaque fois que l'on cherche des "réponses" ?

"Google’s business is not search but advertising. […] Vast tracts of the Web that had been free of advertising now became Google partners. Today Google’s ad canvas is not just the search page but the entire Web, and beyond that, great volumes of e-mail and, potentially, all the world’s books."

Il faut toujours, dit-on, se méfier des gens qui nous veulent du bien. L'histoire que l'on nous sert est parfois trop belle. Le nouveau projet de Google est ainsi vu comme "le moyen le plus simple de tout dire à [ses] amis du lycée, un peu moins à [ses] parents et le strict minimum à [son] boss." "Still, one way or another, everything is shared with the company. All the social networks have access to our information and mean to use it. Are they our friends?"

Dans Le grand massacre des chats, qui vient d'être réédité*, l'historien Robert Darnton écrit : "Sans prêcher ni moraliser, les contes populaires français démontrent que le monde est cruel et dangereux. […] ils invitent à la méfiance. Ils émettent des signaux tendant à mettre en garde ceux qui cherchent fortune : "Danger !" "Bifurquer !" "Ralentir !" "Arrêt !" […] Certains inconnus peuvent se transformer en princes et en bonnes fées, mais d'autres peuvent être des loups et des sorciers, et rien ne permet de les distinguer les uns des autres." Où ranger les fondateurs de Google et autres réseaux sociaux ?

Lire l'article (anglais)

Source : The New York Review of Books, août 2011

(* Les Belles Lettres, 2011)

14 février 2011

Cracking the code

D'un conformisme à l'autre… "All students of the subject will agree that it is at once, like fashion in clothing, a means of inclusion and exclusion, whether for Tudor vagrants, nineteenth-century Oxbridge undergraduates, or modern gays or drug-users. Cracking the code that slang can constitute therefore admits outsiders, if only vicariously, to a new, and often deviant, cultural environment. Thus the early commentators on cant seem to have been fully aware that the terms they listed not only represented the argot of underworld characters conspiring against the norms of straight society, but also constituted a safe means of access to members of straight society into a world of adventure and freedom from convention."

"Cracking that code is difficult because […] slang changes, perhaps ever more rapidly in an age of mass communication."

Lire l'article

Source : "The takeaway language of slang", James Sharpe,

Ce qui les attend

"Ça et là, on s'étonne de la baisse du nombre des candidats aux concours dans le second degré. Comment pourrait-il en être autrement alors que ces "innocents" savent maintenant ce qui les attend ?"

(Bernard Toulemonde, inspecteur général honoraire)

Source : Le Monde, 09/02/11

8 février 2011

Bioétique

Le projet de loi de révision de la loi de bioéthique de 2004 devrait être présenté au Parlement français au printemps 2010. La mission d’information chargée de dresser le bilan de l’application de la législation actuelle et de préparer cette révision a achevé ses travaux la semaine dernière. Ceux-ci ont porté notamment sur l'assistance médicale à la procréation, le diagnostic prénatal, les recherches sur l'embryon, les cellules souches, le clonage, etc.

Si ces questions vous intéressent, si vous êtes professeur de DNL ou si vous souhaitez simplement aborder ces sujets avec vos étudiants, les vidéos des auditions sont en ligne. Ces vidéos, qui ne sont pas spectaculaires, rendent également compte de la façon dont fonctionne un Parlement au jour le jour en démocratie. 

Quelques ressources :

Présentation de la mission d'information sur la révision des lois bioéthiques / Les vidéos des auditions / Ce dossier de la Documentation française a été publié lors de la révision de la loi en 2004 / Vous trouverez également des informations sur les sites du Comité consultatif national d'éthique et de l'Agence de la biomédecine / Le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) a publié un dossier illustré sur les sciences de la vie au lycée / Sur le site de la Cité des sciences et de l'industrie, vous trouverez ce lexique des mots de la science.

7 février 2011

'Soft' subjects

Au Royaume-Uni, on s'interroge que ce qu'il convient d'apprendre. Ce vieux débat est réactivé sur fond de mondialisation et de compétitivité internationale : "Regardez les Chinois !"

"Education secretary Michael Gove announced a review of the national curriculum last month, arguing for an emphasis on essential knowledge and stressing the value of traditional subjects. Gove has also introduced a new qualification, the English baccalaureate, for good GCSE performance in a range of traditional subjects."

Certaines disciplines comptent moins que d'autres, on le savait déjà mais les coupables ont avoué. "The guide compiled by the Russell Group, a lobbying group for Oxford, Cambridge and 18 other leading universities, confirms rumours that have circulated for years that they favour those subjects [traditional subjects] over newer ones such as business studies or photography. It also reveals an overwhelming preference for science and maths subjects – even for seemingly unrelated degrees. By not studying at least two of the following subjects – maths, English, geography, history, any of the three pure sciences or a classical or modern foreign language – "many degrees at competitive universities will not be open to you," the guide, produced in collaboration with the Institute of Career Guidance, states."

Les élèves qui choisissent ces matières sont suspectés. "It asks students to question why they are not taking traditional subjects: "Are you trying to avoid a challenge?" It states that while there is no "set definition" of a "hard" or "soft" subject, so-called "hard" subjects are like the ones the top universities prefer and are more theoretical. It gives media studies, art and design, photography and business studies as examples of "soft" subjects and states that they are "vocational or have a practical bias"."

Que fait-on des autres élèves ? "Andy Burnham, Labour's shadow education secretary, said that while a clear focus on academic rigour was important, society needed a broad view of success. "We must also focus more on developing routes into work for young people who don't plan to go to university. Michael Gove has very little to say to these young people, and his curriculum and league table reforms are sending a very clear message that vocational learning is second best," Burnham said."

À quel âge s'arrête-t-on de penser ? "The idea that A-level grades achieved at 18 are the last word in intellectual prowess is a myth perpetuated by those who choose to focus on a very narrow range of universities which teach relatively few undergraduate students. The real risk is that well-qualified students from all backgrounds and ages will be denied the chance to study at university because the government fails to fund sufficient places to meet demand, and that some major employers will continue to judge graduates on the basis of pre-entry A-level grades and university attended, rather than on their merits and their achievements at degree level."

Sources : "Gove blames Labour for 'soft' subjects studied", Jessica Shepherd, The Guardian, 04/02/11 ; "Universities admit 'soft' A-levels damage chance of top places", Jessica Shepherd, The Guardian, 04/02/11 ; "Letter", Pam Tatlow, The Guardian, 04/02/11.

4 février 2011

Los hechos

"El nuevo Gobierno británico ha abierto un debate para reformar la actual estructura del currículo educativo que se aplica en Inglaterra y Gales. El ministro de Educación, el conservador Michael Gove, ha abogado por un retorno a la enseñanza de "los hechos", en contraste con la evolución de la educación en el último medio siglo como una herramienta que pone sobre todo énfasis en enseñar a pensar, más que a transmitir conocimientos enciclopédicos. Sus propuestas han sido acogidas con escepticismo por los educadores y por la oposición laborista, que ve en ellas un retorno a los sistemas educativos del pasado."

Michael Gove souhaite réduire le nombre de matières obligatoires. On en compte actuellement 13 ou 14. L'histoire, la géographie ou encore la musique risquent de passer à la trappe [23/10/10]. En France, le "socle commun", c'est sept "compétences" : maîtrise du français, pratique d’une langue vivante étrangère, culture scientifique et technologique, maîtrise des techniques de l’information et de la communication, culture humaniste, compétences sociales et civiques, autonomie et initiative. On note au passage que la "culture humaniste" arrive en cinquième position dans cette liste, après la maîtrise des TIC.

L'enseignement des langues étrangères redeviendrait obligatoire entre 14 et 16 ans : "Adelantó la posibilidad de que el estudio de Lenguas Extranjeras Modernas vuelva a ser obligatorio para los alumnos de entre 14 y 16 años, después de que cayeran en picado el número de estudiantes desde que en 2004 se convirtió en una materia optativa."

La Chine est citée comme modèle. Le rapport PISA de l'OCDE est passé par là. "Gove echó mano de los datos del informe PISA de la OCDE presentado el mes pasado -que mide los coniocimientos de los alumnos de 15 años de 60 páises, precisamente, en lectura, matemáticas y ciencias-, en el que Reino Unido ha bajado puestos. Así puso como ejemplo a los estudiantes chinos de matemáticas de 15 años (Hong Kong y Sahangái están a la cabeza de PISA) llevan dos años de ventaja a los estudiantes ingleses de su misma edad. Y defendió la necesidad de que los niños británicos "adquieran un núcleo esencial de conocimiento" para no quedar "culturalmente empobrecidos"."

La réforme devrait entrer en vigueur en 2013 et 2014.

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Source : "Reino Unido prepara una profunda reforma de los contenidos escolares. Los conservadores planean una enseñanza más clásica y con menos materias", Walter Oppenheimer, El País, 24/01/11.

3 février 2011

Learning is about retrieving

"Our view is that learning is not about studying or getting knowledge 'in memory,'" said Purdue psychology professor Jeffrey Karpicke, the lead investigator for the study that appears January 20 in the journal Science. "Learning is about retrieving. So it is important to make retrieval practice an integral part of the learning process."

Deux cent étudiants ont participé à l'expérience : "One group engaged in elaborative study using concept maps while a second group practiced retrieval; they read the texts, then put them away and practiced freely recalling concepts from the text. After an initial study period, both groups recalled about the same amount of information. But when the students returned to the lab a week later to assess their long-term learning, the group that studied by practicing retrieval showed a 50 percent improvement in long-term retention above the group that studied by creating concept maps."

Jeffrey Karpicke "found that when students have the material right in front of them, they think they know it better than they actually do. "It may be surprising to realize that there is such a disconnect between what students think will afford good learning and what is actually best. We, as educators, need to keep this in mind as we create learning tools and evaluate educational practices," he said."

"The final retention test was one of the most important features of our study, because we asked questions that tapped into meaningful learning," said Karpicke. The students answered questions about the specific concepts they learned as well as inference questions asking them to draw connections between things that weren't explicitly stated in the material. On both measures of meaningful learning, practicing retrieval continued to produce better learning than elaborative studying."

"Karpicke says there's nothing wrong with elaborative learning, but argues that a larger place needs to be found for retrieval practice. "Our challenge now is to find the most effective and feasible ways to use retrieval as a learning activity – but we know that it is indeed a powerful way to enhance conceptual learning about science.""

Sources : "Learning Science : Actively Recalling Information from Memory Beats Elaborate Study Methods", ScienceDaily, 21/01/11 ; "Retrieval Practice Produces More Learning than Elaborative Studying with Concept Mapping", Jeffrey D. Karpicke, Janell R. Blunt, Science, 20/01/11.

No Child Left Behind

Va-t-on vers une révision de la loi de 2002 ? On peut se mettre d'accord sur une loi à partir de prémisses différentes, rappelle Jon Elster, dans le cours qu'il donne actuellement au Collège de France sur les décisions collectives (les accords ainsi obtenus sont "incomplètement théorisés"). "Some Democrats are wary of Obama's efforts to weed out bad teachers and financially reward good ones. Some Republicans are so skeptical of the federal role in education that they want to abolish the Education Department."

"Under No Child Left Behind, all schools are required to make progress toward a goal of 100 percent proficiency in 2014 for students tested in grades 3 through 8 and once in high school. The law requires progress not only overall but also among groups of students sorted by race, ethnicity and factors such as whether they are learning English as a second language or have disabilities."

Mais l'application de cette loi pose problème*. "Last year, the Montgomery County school failed to make what the government calls "adequate yearly progress," even though 91 percent of its students passed the state math test and 96 percent passed in reading. The school fell short for the first time because a handful of students with disabilities missed the target in math. Confusion over the ratings of schools such as this one and thousands of others nationwide is fueling President Obama's drive to rewrite the nine-year-old No Child Left Behind law. In his State of the Union Address on Tuesday, Obama called for a version that is "more flexible and focused on what's best for our kids.""

D'autres questions mériteraient d'être à nouveau débattues. "To propose revisions to the education law would open a wide-ranging debate on school funding (most states face painful budget cuts), vouchers for private schools, performance pay, national standards, special education, bilingual education and school safety, among other matters."

Sources : "Obama aims to revise No Child Left Behind", Nick Anderson, The Washington Post, 11/01/11 ; "Obama seeks to make No Child Left Behind more flexible", Nick Anderson, The Washington Post, 26/01/11 ; "Schools prepare for national standards", Nick Anderson, The Washington Post, 10/01/11 ("The standards, spelling out what should be learned in English and math every year from kindergarten through high school, are meant to replace what has been a jumble of benchmarks that vary from state to state in content and depth.") ; "Study undercuts teacher bonuses", Nick Anderson, The Washington Post, 22/09/10 ("Offering teachers incentives of up to $15,000 to improve student test scores produced no discernible difference in academic performance, according to a study released Tuesday, a result likely to reshape the debate about merit pay programs sprouting in D.C. schools and many others nationwide").

* Les résultats sont contestés quels qu'ils soient, ainsi que le souligne Esther Duflo dans son ouvrage Le développement humain (Seuil, 2010) : "Les évaluations du programme "No child left behind" ne sont pas très encourageantes : elles dévoilent que les enseignants manipulent les résultats aux tests standardisés en sélectionnant les enfants qui peuvent les passer (les autres sont envoyés dans des classes pour enfants en difficulté), en concentrant entièrement leur enseignement sur le bachotage, voire en trichant au profit de leurs élèves." (p. 52)

2 février 2011

Become a teacher

Voici un extrait du discours de Barack Obama sur l'état de l'Union, délivré le 25 janvier 2011 devant le Congrès américain.

"Maintaining our leadership in research and technology is crucial to America’s success.  But if we want to win the future – if we want innovation to produce jobs in America and not overseas – then we also have to win the race to educate our kids.

Think about it. Over the next 10 years, nearly half of all new jobs will require education that goes beyond a high school education.  And yet, as many as a quarter of our students aren’t even finishing high school. The quality of our math and science education lags behind many other nations. America has fallen to ninth in the proportion of young people with a college degree. And so the question is whether all of us – as citizens, and as parents – are willing to do what’s necessary to give every child a chance to succeed.

That responsibility begins not in our classrooms, but in our homes and communities. It’s family that first instills the love of learning in a child. Only parents can make sure the TV is turned off and homework gets done. We need to teach our kids that it’s not just the winner of the Super Bowl who deserves to be celebrated, but the winner of the science fair. (Applause.) We need to teach them that success is not a function of fame or PR, but of hard work and discipline.

Our schools share this responsibility.  When a child walks into a classroom, it should be a place of high expectations and high performance. But too many schools don’t meet this test. That’s why instead of just pouring money into a system that’s not working, we launched a competition called Race to the Top. To all 50 states, we said, “If you show us the most innovative plans to improve teacher quality and student achievement, we’ll show you the money.”

Race to the Top is the most meaningful reform of our public schools in a generation. For less than 1 percent of what we spend on education each year, it has led over 40 states to raise their standards for teaching and learning. And these standards were developed, by the way, not by Washington, but by Republican and Democratic governors throughout the country. And Race to the Top should be the approach we follow this year as we replace No Child Left Behind with a law that’s more flexible and focused on what’s best for our kids. (Applause.)

You see, we know what’s possible from our children when reform isn’t just a top-down mandate, but the work of local teachers and principals, school boards and communities. Take a school like Bruce Randolph in Denver. Three years ago, it was rated one of the worst schools in Colorado – located on turf between two rival gangs.  But last May, 97 percent of the seniors received their diploma. Most will be the first in their families to go to college. And after the first year of the school’s transformation, the principal who made it possible wiped away tears when a student said, “Thank you, Ms. Waters, for showing that we are smart and we can make it.” (Applause.)  That’s what good schools can do, and we want good schools all across the country.

Let’s also remember that after parents, the biggest impact on a child’s success comes from the man or woman at the front of the classroom. In South Korea, teachers are known as “nation builders.” Here in America, it’s time we treated the people who educate our children with the same level of respect. (Applause.) We want to reward good teachers and stop making excuses for bad ones. (Applause.) And over the next 10 years, with so many baby boomers retiring from our classrooms, we want to prepare 100,000 new teachers in the fields of science and technology and engineering and math. (Applause.)

In fact, to every young person listening tonight who’s contemplating their career choice:  If you want to make a difference in the life of our nation; if you want to make a difference in the life of a child – become a teacher. Your country needs you. (Applause.)

Of course, the education race doesn’t end with a high school diploma. To compete, higher education must be within the reach of every American. (Applause.) That’s why we’ve ended the unwarranted taxpayer subsidies that went to banks, and used the savings to make college affordable for millions of students. (Applause.) And this year, I ask Congress to go further, and make permanent our tuition tax credit – worth $10,000 for four years of college. It’s the right thing to do. (Applause.)

Because people need to be able to train for new jobs and careers in today’s fast-changing economy, we’re also revitalizing America’s community colleges. Last month, I saw the promise of these schools at Forsyth Tech in North Carolina. Many of the students there used to work in the surrounding factories that have since left town. One mother of two, a woman named Kathy Proctor, had worked in the furniture industry since she was 18 years old. And she told me she’s earning her degree in biotechnology now, at 55 years old, not just because the furniture jobs are gone, but because she wants to inspire her children to pursue their dreams, too. As Kathy said, “I hope it tells them to never give up.”

If we take these steps – if we raise expectations for every child, and give them the best possible chance at an education, from the day they are born until the last job they take – we will reach the goal that I set two years ago: By the end of the decade, America will once again have the highest proportion of college graduates in the world. (Applause.)

One last point about education. Today, there are hundreds of thousands of students excelling in our schools who are not American citizens. Some are the children of undocumented workers, who had nothing to do with the actions of their parents. They grew up as Americans and pledge allegiance to our flag, and yet they live every day with the threat of deportation. Others come here from abroad to study in our colleges and universities. But as soon as they obtain advanced degrees, we send them back home to compete against us. It makes no sense."

Source : Organizing for America, 25/01/11

Does the Internet spread democracy?

"Much of the encouraging reporting may be true, if slightly overblown, but it suffers from several sources of bias. As it turns out, the secular, progressive, and pro–Western bloggers tend to write in English rather than in their native language. Consequently, they are also the ones who speak to Western reporters on a regular basis. Should the media dig a bit deeper, they might find ample material to run articles with headlines like “Iranian bloggers: major challenge to democratic change” and “Saudi Arabia: bloggers hate women’s rights.” The coverage of Egyptian blogging in the Western mainstream media focuses almost exclusively on the struggles of secular writers, with very little mention of the rapidly growing blogging faction within the Muslim Brotherhood."

Ces lignes datent de 2009 et sont signées Evgeny Morozov.

Il conclut son article ainsi : "The problem with building public spheres from above, online or offline, is much like that of building Frankenstein’s monsters: we may not like the end product. This does not mean we should give up on the Internet as a force for democratization, only that we should ditch the blinding ideology of technological determinism and focus on practical tasks. Figuring out how the Internet could benefit existing democratic forces and organizations—very few of which have exhibited much creativity on the Web—would not be a bad place to start."

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Source : Boston Review, mars/avril 2009

(Evgeny Morozov vient de publier The Net Delusion. How Not to Liberate The World, Allen Lane, 2011.)

1 février 2011

Une "petite minorité" ?

Une enquête sociologique, financée par la Commission européenne, menée dans 25 pays auprès de 25 142 internautes européens âgés de 9 à 16 ans, tend à montrer que "la plupart des dangers associés à Internet pour les plus jeunes sont généralement surestimés". […] "Les jeunes qui ont été perturbés par un problème sur Internet sont une petite minorité : seulement (sic) 8 % des 9-16 ans en France, et 12 % au niveau européen", note le CNRS".

Le psychanalyste Gérard Bonnet, qui reçoit ces jeunes en consultation, pense qu'il y a au contraire "péril en la demeure". Il l'a écrit dans un livre publié en 2003 : Défi à la pudeur (Albin Michel).

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Synthèse de l'enquête en français

Source : "Les dangers d'Internet pour les enfants largement relativisés", Damien Leloup, Le Monde, 13/01/11.

31 janvier 2011

La Géorgie passe à l'anglais

En Géorgie, on n'a pas de pétrole, mais on parle anglais, tel pourrait être le slogan du ministre de l'Éducation Dimitri Shashkini : "Georgia, which has 4.6 million people, would prosper economically only by significantly improving its educational system. Ensuring that every child knows English is a major part of that objective, he said. “Georgia doesn’t have natural gas or oil,” Mr. Shashkini said. “The resource that we have is our human intellectual potential. So we need to use that potential as much as possible.” Mr. Shashkini said the government was not doing away with Russian classes, but rather making them as optional as French or German. In general, English is now mandatory." 

Les langues ont depuis toujours été instrumentalisées : "During the Soviet era, the Communists used the Russian language to bind the nation’s far-flung regions, requiring it as the second — and sometimes primary — language from Estonia to Uzbekistan. But since the Soviet Union collapsed two decades ago, many of the former Soviet republics have elevated their own languages and marginalized Russian in order to bolster their independence and national identities."

Un passage en force ? "The turnabout is stark in Georgia, whose cultural ties to Russia extend back centuries. Many Georgians older than 40 readily speak Russian, while the young people who have come of age under Mr. Saakashvili are often more interested in English. The government is intent on hastening that trend."

Mais le système éducatif est encore défaillant : "As in much of the developing world, the local English teachers sometimes do not speak competent English. Children are told to memorize lists of words and are engaged in little if any conversation. Teenagers who have been in English classes for years cannot utter a sentence. Some of the new teachers, assigned to village schools with crumbling classrooms and few textbooks, questioned the Georgian government’s emphasis on English. “It’s like buying an espresso machine before you’ve built a kitchen,” said James Norton, 23, from Boulder, Colo."

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Source : "Still Fighting Russia, This Time With Words", Clifford J. Levy, The New York Times, 23/01/11.

30 janvier 2011

Are you daydreaming?

"Are you paying attention, goofing off or daydreaming?" On a maintenant les moyens de le savoir : "At work or school, the technology opens the door to a computerized supervisor that is always watching."

La technologie existe, faut-il s'en servir ?

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Source : "Computers That See You and Keep Watch Over You", Steve Lohr, The New York Times, 01/01/11. "Articles in this series are examining the recent advances in artificial intelligence and robotics and their potential impact on society."

23 décembre 2010

Jacqueline de Romilly

"L'académicienne Jacqueline de Romilly, spécialiste de la civilisation et de la langue grecques, qui fut la première femme professeur au Collège de France, est décédée samedi à l'âge de 97 ans. Elle était la doyenne de l'Académie française, depuis la mort de Claude Lévi-Strauss l'an dernier."

"Je regrette que l'on n'œuvre pas suffisamment pour ce qui développe la formation de l'esprit par la culture, par les textes et l'intimité avec les grands auteurs, perdant ainsi un contact précieux avec ce que les autres ont pensé avant nous", estimait-elle.

"Elle déplorait que l'ensemble des connaissances soit aujourd'hui miné par l'utilitarisme. Sous-entendu : une société qui néglige Homère finira par oublier Voltaire. Pour elle, le grec ancien devrait être accessible à tous."

Le meilleur hommage à lui rendre "serait d'attacher plus d'importance désormais à la langue grecque dont elle a été le plus grand défenseur dans notre pays", juge Hélène Carrère d'Encausse, secrétaire perpétuel de l'Académie française.

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Source : Le Figaro, 19/12/10

Prolongements : "Protéger le français, c'est essentiel", L'Express (29/03/07) ; "Les Grecs ont été ma vie", Le Nouvel Observateur (11/05/06)

L'exercice de la laïcité au Québec

Au Québec, les services de garde qui font l'enseignement de la religion aux tout-petits devront se conformer d'ici juin 2011 à une nouvelle directive bannissant l'"apprentissage religieux", soit le "fait qu'un enfant soit soumis de façon répétée à des activités visant à lui inculquer la croyance, le dogme ou la pratique d'une religion spécifique", sous peine de se voir retirer leur subvention.

Une centaine de ces garderies de différentes confessions seraient visées par cette directive. Ne seront pas interdites en revanche "les manifestations culturelles liées à une fête religieuse, les régimes alimentaires fondés sur des préceptes religieux ou la participation à une activité inspirée par une coutume".

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Source : Le Devoir, 18/12/10

1 491 candidats pour 800 postes

En France, l'enseignement suscite de moins en moins de vocations. Le nombre de candidats aux concours est en forte baisse :

"Les chiffres communiqués par le ministère de l'Éducation après les épreuves écrites, dites d'admissibilité, qui se sont terminées fin novembre, le montrent : dans le second degré, 21 000 étudiants contre 38 249 lors de la précédente session ont passé ces épreuves ; dans le premier degré, ils étaient 18 000, contre 34 952 précédemment."

"En lettres, avec 1 491 candidats pour 800 postes, le taux n'est plus que de 1,9 candidat par poste, contre 3,7 précédemment."

Selon le ministère, il s'agit d'une baisse conjoncturelle. Pour les syndicats d'enseignants, les causes de cette désaffection sont à rechercher ailleurs.

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Source : Le Monde, 21/12/10

22 décembre 2010

Pourquoi faire des études ?

Au Québec, le ministère de l'Éducation lance une campagne de sensibilisation pour convaincre les garçons de persévérer à l'école. L'idée est de leur parler d'argent et de filles.

"D'abord, l'argent : le détenteur d'un diplôme d'études professionnelles (DEP) ou collégiales (DEC) gagne en moyenne 35 % de plus qu'un non-diplômé, soit environ 9000 $ par année. De quoi acheter 782 billets de cinéma ou 134 jeux vidéo, précise le site. Ensuite, l'amour : "Tu n'y as peut-être jamais pensé, mais les filles, elles, sont à l'école. Donc, si tu veux avoir plus de chances de rencontrer ta future blonde, tu ferais mieux de t'asseoir sur le banc d'école à côté d'elle."

Les commentaires publiés en fin d'article dénoncent cette initiative : "Argent, fille et pourquoi pas voiture ?" Sur le site jefinis.com, on trouve aussi ce genre d'arguments : "Ceux qui ont un diplôme vivent en moyenne sept ans de plus que ceux qui n’en ont pas."

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Source : Le Devoir, 21/12/10

18 décembre 2010

Les Trois Grâces

"Les Trois Grâces, tableau peint sur bois réalisé en 1531 par Lucas Cranach l'Ancien, grand peintre de la Renaissance allemande, présente trois gracieuses jeunes femmes nues sur un fond sombre. Le vendeur demande 4 millions d'euros pour cette œuvre qui se trouve en France et a été classée "trésor national". Le Louvre avait déjà rassemblé 3 millions d'euros grâce au mécénat d'entreprise et à ses propres crédits d'acquisition, mais il lui manquait un million pour boucler la transaction, d'où son appel à la générosité du public."

Cinq mille donateurs ont répondu à l'appel.

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Source : Le Monde, 17/12/10

(150 œuvres de Lucas Cranach sont exposées au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles, jusqu'au 23 janvier 2011.)

La maîtrise de la lecture

Literate : "Qui sait lire et écrire ; (= educated) instruit ; (= cultured) cultivé." (Le Robert & Collins)

"Dylan William, professor of education at the Institute of Education, University of London, said children needed to have good reading skills more than ever. "Twenty years ago, you got a lot of information from television. Now it's from the internet – you have to be more literate.""

"Some 9% of all 11-year-old boys in state schools in England did not reach level three in their reading tests* this summer, statistics from the Department for Education reveal. Level two is the standard expected of a seven-year-old and means pupils only have an understanding of simple texts and cannot read independently. The government has said that by the age of 11, pupils should reach level four, at which point they are able to understand the major themes of a variety of texts and can to some extent read "between the lines"."

Pour Dylan William, "the problem was not identifying children who struggle with reading, it was finding money to tackle illiteracy. Intensive tuition and small class sizes helped children with sub-standard reading ages".

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Source : The Guardian, 17/12/10

(* The reading tests are part of national exams in maths and English – known as Sats – that children sit at the end of primary school.)

11 décembre 2010

L'adieu aux langues ?

L'université d'Albany dans l'État de New York doit faire face à des coupes budgétaires importantes : "The university announced this fall that it would stop letting new students major in French, Italian, Russian and the classics. […] After a generation of expansion, academic officials are being forced to lop entire majors. More often than not, foreign languages European ones in particular are on the chopping block."

Les langues vivantes sont dans le collimateur pour plusieurs raisons : "Some languages may seem less vital in a world increasingly dominated by English. Web sites and new technologies offer instant translations. The small, interactive classes typical of foreign language instruction are costly for universities."

Mais il y a là comme un paradoxe : "Many schools are eliminating language degrees and graduate programs just as they begin to embrace an international mission: opening campuses abroad, recruiting students from overseas and talking about graduating citizens of the world. The University at Albany’s motto is “The World Within Reach”."

Les enseignants de langue tentent de s'organiser autour de certaines associations qui jouent là pleinement leur rôle : "Bob Peckham, a professor of French at the University of Tennessee at Martin whose own program came under threat, has made it his mission to fight the retrenchments nationwide. As chairman of the Commission on Advocacy of the American Association of Teachers of French (AATF), he monitors cutback proposals and provides research that helps campuses tailor their protests."

Selon la Modern Language Association (MLA), il n'y a en fait jamais eu autant d'étudiants inscrits en cours de langue mais l'intérêt se déplace* : "One reason is a surge of interest in languages like Arabic and Spanish, which is thriving on campus in response to the nation’s growing Latino population. China’s rising importance has prompted more college programs in Mandarin, and the Chinese government has been generous in financing them."

Richard N. Haass, qui préside le Council on Foreign Relations, enfonce le clou : "If we’re going to remain economically competitive and provide the skill and manpower for government, I think we need more Americans to learn Chinese or Hindi or Farsi or Portuguese or Korean or Arabic. In an ideal world, that wouldn’t mean fewer people would know Spanish, French, German and Italian. But in a real world, it might." Mais pour Rosemary G. Feal de la MLA, il ne faut pas céder à la mode : "We pick targets of opportunity as the geopolitical circumstances change, and we don’t create a steady infrastructure so that language learning at a deep level is possible.”

"She said the program cuts also revealed an “Anglocentric perspective” that fluency in English was enough to understand the world."  L'anglais suffirait ? Certains étudiants ne le croient pas : "Jessica Stapf, a freshman, arrived on campus planning to pursue a double major in French and political science, followed by a master’s in French, the only language in which the university offered advanced degrees. She hopes to land a job someday with the United Nations in Africa, where French is widely spoken."

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Source : The New York Times, 03/12/10

(* Voir le rapport que la MLA publie cette semaine)

Le rôle des bibliothécaires

"La profession de bibliothécaire est encore méconnue. "Les gens ne comprennent pas qu'un bibliothécaire, ce n'est pas une personne qui est dans une bibliothèque et qui met des livres sur les rayons. D'autant plus qu'avec le numérique, la tâche se complexifie", souligne Régine Horinstein, directrice générale de la Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec. "On a tendance à voir les bibliothécaires dans un rôle très stéréotypé de prêteur de documents alors qu'ils font toutes sortes de choses, notamment de l'animation pour inciter les jeunes à utiliser la bibliothèque", ajoute pour sa part Jean Falardeau. Le travail des bibliothécaires vise aussi à appuyer la pédagogie, à intégrer les ressources de la bibliothèque dans les cours et pas seulement ceux de français."

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Source : La Presse, 26/11/10

8 décembre 2010

Se comparer

Le Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA) de l'OCDE a publié son rapport. Chaque pays interprète les résultats de cette enquête et tente de se situer comparativement.

La Suisse, par exemple, se situe, d'après La Tribune de Genève, "nettement au-dessus de la moyenne de l'OCDE dans les trois domaines examinés : lecture, mathématiques et sciences. Par rapport aux résultats obtenus en 2000, les élèves suisses ont clairement amélioré leur position en lecture".

"Avec douze autres États, la Suisse obtient en lecture des résultats au-dessus de la moyenne de l'OCDE. Sur ces douze États, certains font encore mieux que la Suisse : la Corée, le Canada, la Nouvelle-Zélande, le Japon, l'Australie, ainsi que la Finlande comme seul pays européen. La Suisse fait partie des quelques rares pays de l'OCDE parvenus entre 2000 et 2009 à réduire leur proportion d'élèves faibles en lecture tout en maintenant leur proportion de bons lecteurs. Alors qu'il y avait encore 20,4 % de jeunes jugés faible en 2000, la proportion est descendue à 16,8 % en 2009.

Ce sont essentiellement les performances en lecture des jeunes issus de la migration qui se sont améliorées. Cette évolution est d'autant plus remarquable que, durant la même période, la proportion de tels jeunes augmentait de 20,7 % à 23,5 % en Suisse."

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Lire le communiqué de l'OCDE

Les résultats PISA 2009

Source : La Tribune de Genève, 20/11/10

4 décembre 2010

Je suis vu, donc je suis ?

"Africa is the future" : l'écrivaine camerounaise Leonora Miano portait fièrement un tee-shirt avec ce slogan le troisième jour du festival*, et plusieurs conférences-débats ont tourné autour de ce futur.

Où se jouera-t-il sinon dans les grandes capitales francophones en voie de mondialisation, Abidjan, Bamako, Dakar, Douala, Kinshasa […] Ces villes qui, déjà, grâce au brassage d'Internet, à la multiplication des supports de communication, à travers la mondialisation des économies et l'émergence d'un monde multipolaire où chacun sait qu'un jour l'Afrique trouvera sa place, commencent à se faire entendre […]. Comme le dit Amkoullel, le slameur star de Bamako : "Grâce à Internet, tout le monde existe, même l'Afrique et les pauvres Africains, affamés, sous dictature ou autre malédiction divine. "Je suis vu, donc je suis." Maintenant, l'Afrique a la possibilité de raconter son histoire avec ses mots, et de se montrer comme elle se voit ou souhaiterait être vue.""

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Source : Le Monde, 04/12/10

(* Le festival Étonnants Voyageurs a eu lieu à Bamako en novembre 2010.)

La dette de l'anglais envers le français

"La culture populaire anglo-saxonne d’aujourd’hui tire grand profit de la forme non anglicisée des emprunts au français. Des mots utilisés de travers par de sympathiques personnages de fiction soulèvent l’émotion. L’usage conscient et superflu de termes français permet d’épingler la prétention. Enfin, l’usage décontracté et correct d’un mot emprunté au français peut être la marque de la courtoisie et du raffinement d’un individu cultivé et nanti. Ce que montre bien le livre instructif et souvent distrayant de van Male*, c’est que la dette de l’anglais envers le français est bien plus grande que nous ne le pensons aujourd’hui, de ce côté-ci de la Manche. Hélas ! la connaissance du français parmi les écoliers anglais a nettement décliné au cours de la dernière génération."

Lire l'article (gratuit après inscription)

Source : Books, décembre 2010-janvier 2011

(* Thora van Male, Liaisons généreuses)

Une autre façon d'apprendre

François Dubet a montré avec Marie Duru-Bellat qu'il ne fallait certes pas tout attendre de l'école, et des diplômes. Mais peut-on se passer complètement de maîtres ?

"To me, the word autodidact summoned up a picture of a cobbler who read Voltaire in the original; or a friend of my father, a mechanic like him, who bought the whole run of the Encyclopaedia Britannica and studied a few pages every night; or my father, out of school at 14 but busy with his night-school geology and his Teach Yourself Economics.", écrit Ian Jack dans The Guardian.

"Do we believe that a university degree in art history is the best token of an interest and enthusiasm for visual art? So many British universities do them (43 at the last count) and I'd be willing to bet that a more illuminating conversation could be had about Rembrandt with someone keen enough on his pictures to have visited the royal collection and read a few books, rather than with most art history graduates."

"This isn't the old complaint of "More is worse", but a protest against a kind of layering of society […] that privileges formal qualification over the more personal routes that knowledge can be got. In this process, the curiosity of Everyman has rotted and may soon be lost."

Lire l'article (anglais)

Source : The Guardian, 04/12/10

(Ian Jack renvoie dans son article à l'analyse de John Sutherland, parue le 30/11/10 : "English degrees for £27k - who's buying?")

3 décembre 2010

Lire pour comprendre

Les pays qui veulent réduire leurs inégalités sociales doivent développer leurs politiques publiques en matière de lecture : "La lecture casse un peu le déterminisme sociologique. Les jeunes de 15 ans dont les parents ont un statut professionnel peu élevé mais qui s'investissent beaucoup dans la lecture obtiennent en compréhension de l'écrit de meilleurs scores que ceux dont les parents ont un statut professionnel moyen ou plus élevé mais qui ne s'intéressent guère à l'écrit", selon Eric Charbonnier, de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

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Source : Le Monde, 03/12/10

Le Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA) de l'OCDE sera publié à 11h00 heure de Paris (10h00 GMT), le mardi 7 décembre 2010 : "Cette édition va montrer comment, dans chaque pays, la performance des élèves a évolué au fil du temps en comparant la lecture, les mathématiques et les sciences avec les enquêtes antérieures de 2000, 2003 et 2006."

30 novembre 2010

Noms d'oiseaux

Pour rendre sa force à l'insulte, il faut d'abord "planter le décor", écrit Corinne Legoy, dans l'article qu'elle consacre à l'ouvrage de Thomas Bouchet Noms d'oiseaux. L'insulte en politique de la Restauration à nos jours. "L’insulte et son pouvoir ne naissent pas tant des mots, qui finalement sont pauvres en eux-mêmes, que de la situation dans laquelle ils sont proférés. […] Tout mot peut faire l'affaire en un contexte propice."

Thomas Bouchet a choisi de travailler à partir d'exemples : "Cette construction donne toute sa force au livre : elle rend aux insultes la vigueur de l’instant, alors même que l’on est au cœur d’un objet où les écarts du temps et des cultures jouent à plein."

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Source : La Vie des idées, 29/11/10

Prolongements :

Sur ce site de l’université de Bourgogne, dédié à l’insulte en politique, on trouve cette définition : "Nous appelons insultes les formes typiquement linguistiques de l'injure mettant nominalement en cause l'individu dans son appartenance décrétée (insulte essentialiste : Pédale !) ou dans son être supposé révélé par une situation déterminée (insulte situationnelle : Feignasse !)."

"Bouffon", "fayot", "intello"… "Le vocabulaire argotique en usage afin de désigner certains élèves, principalement dans les collèges, peut prêter à sourire. Cependant, les situations qu'il décrit, souvent sous-estimées, voire ignorées, ne sont pas risibles. Il s'agit en fait d'insultes et de brutalités exercées à l'encontre de tous ceux qui manifestent des faiblesses diverses : les élèves jugés disgracieux, timides, dociles ou qui refusent la violence", écrit Marie Raynal dans son éditorial du numéro de septembre 2010 de Ville-École-Intégration, qui porte sur "l'influence des pairs".

27 novembre 2010

Où et avec qui nous nous trouvons

Le président de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL), Alex Türk, a lancé jeudi soir cette mise en garde : "Nous risquons d'entrer dans une société où il ne sera jamais plus possible de cacher aux autres où nous nous trouvons, et avec qui nous nous trouvons."

Le combat doit se mener avec les plus jeunes, qui vivront toute leur vie plongés dans le numérique. "Il faut essayer de leur faire prendre conscience de la nécessité d'acquérir des réflexes nouveaux, pour qu'ils vivent leur vie dans cette société numérique avec leur libre arbitre."

Mon Quotidien a sorti un numéro spécial en collaboration avec la CNIL sur ce thème de la protection de la vie privée sur internet. En France, ce numéro a été distribué dans toutes les classes de CM2. Vous pouvez le feuilleter en ligne et il peut servir de support pédagogique. En page 2, on retient ce conseil qui s'adresse sans doute davantage aux parents : "Il est préférable que l'ordinateur soit dans le salon et que tes parents ne soient pas loin quand tu l'utilises."

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Source : Le Figaro, 26/11/10

(Zadie Smith, dans un article dont nous avons déjà rendu compte, rappelle que les programmes informatiques ne sont jamais idéologiquement neutres et qu'ils orientent nos comportements, d'une manière ou d'une autre. Il faut le savoir. Il faut savoir également qu'on laisse des traces sur internet. Le site de la CNIL s'attache à nous le démontrer.)

25 novembre 2010

Andreas Scholl

France culture reçoit le contre-ténor allemand Andreas Scholl pour son album O solitude autour de Purcell. L'entretien se déroule en français. "Quand on est fâché, heureux ou fatigué, on a un son de voix de couleur différente. Il est essentiel pour un chanteur, spécialement pour un contre-ténor, d'avoir toute une palette de couleurs et de pouvoir les mélanger, comme un peintre."

Écouter (seconde partie de l'émission)

23 novembre 2010

L'orthographe n'est plus un problème

Une étude réalisée au Royaume-Uni montre qu'internet modifie notre rapport à la langue. Les fautes d'orthographe ne dérangent plus personne, les enfants, notamment, qui ne font plus le distinguo entre un texte correctement rédigé et un autre qui ne l'est pas.

"Internet chatrooms and social networking sites are encouraging children to spell words incorrectly, research suggests. A paper released by the English Spelling Society concludes that the internet has revolutionised the English language, and made misspelling the norm. As people type at speed online, there is now a "general attitude" that there is no need to correct mistakes or conform to regular spelling rules, it says. But this means that children who have been brought up with the internet do not question wrongly spelt words.

The study says: "The increasing use of variant spellings on the internet has been brought about by people typing at speed in chatrooms and on social networking sites where the general attitude is that there isn't a need to correct typos or conform to spelling rules." The report's author, Lucy Jones, a former student at Manchester University, said: "We are now witnessing the effect these linguistic variations are having on children born into the computer age with such a high level of access in and out of schools. They do not question their existence.""

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Source : The Guardian, 22/11/10

22 novembre 2010

Relecture

"La direction du PS accuse François Hollande d'avoir laissé un parti en déserrance." La bonne orthographe est "déshérence", de l'ancien français hoir ("héritier"), rien à voir avec le mot "errance".

Il n'est pas rare de tomber sur de telles fautes de français dans les journaux. Les lecteurs du Monde en repèrent régulièrement : "Martine Aubry s'est promise de tout faire pour contrarier les ambitions…" ("elle s'est promis de tout faire") ; "Ces documents ont vraiment attrait à l'identité coréenne…" ("ces documents ont vraiment trait à...") ; "L'une des balades les plus célèbres de Makeba…" ("l'une des ballades" avec deux "l") ; "Les États-Unis enjoignent les Européens de voler au secours de l'Irlande…" (on enjoint quelque chose à quelqu'un : "Les États-Unis enjoignent aux Européens de…").

On n'a pas le temps de relire certains articles "écrits dans la nuit et remaniés le matin", plaide la rédaction.

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Source : Le Monde, 20/11/10

Pourquoi Facebook ?

Vous reconnaissez-vous dans la "génération Facebook" ?

Zadie Smith ne se reconnaît pas dans cette génération et l’écrit. Sa critique du film The Social Network de David Fincher, qui vient de sortir sur les écrans en France, et qui est consacré à Facebook, lui en donne l’occasion. Son texte a ceci d’intéressant qu’il renverse le rapport de force entre les personnes qui sont "connectées" et celles qui ne le sont pas. Les premières demandent souvent aux secondes de se justifier. Pour Zadie Smith, il faut leur retourner la question.

"World makers, social network makers, ask one question first: How can I do it? Zuckerberg [le fondateur de Facebook] solved that one in about three weeks. The other question, the ethical question, he came to later: Why? Why Facebook? Why this format? Why do it like that? Why not do it another way? The striking thing about the real Zuckerberg, in video and in print, is the relative banality of his ideas concerning the “Why” of Facebook. He uses the word “connect” as believers use the word “Jesus,” as if it were sacred in and of itself: “So the idea is really that, um, the site helps everyone connect with people and share information with the people they want to stay connected with…” Connection is the goal. The quality of that connection, the quality of the information that passes through it, the quality of the relationship that connection permits – none of this is important. That a lot of social networking software explicitly encourages people to make weak, superficial connections with each other, and that this might not be an entirely positive thing, seem to never have occurred to him."

En allant voir le film, elle a eu une crise d’angoisse terrible : "Bientôt, je vais avoir 40 ans, puis 50… puis…" Peut-on ressentir ça quand on est sur Facebook ?

"I’ve noticed that when a teenager is murdered, at least in Britain, her Facebook wall will often fill with messages that seem to not quite comprehend the gravity of what has occurred. You know the type of thing: Sorry babes! Missin’ you!!! Hopin’ u iz with the Angels. I remember the jokes we used to have LOL! PEACE XXXXX. When I read something like that, I have a little argument with myself: “It’s only poor education. They feel the same way as anyone would, they just don’t have the language to express it.” But another part of me has a darker, more frightening thought. Do they genuinely believe, because the girl’s wall is still up, that she is still, in some sense, alive? What’s the difference, after all, if all your contact was virtual?"

La génération "Facebook" mérite bien mieux que Facebook, écrit-elle.

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Source : The New York Review of Books, novembre 2010

19 novembre 2010

A pour Acquis

En France, "43 % des élèves ont souvent mal au ventre avant d'aller en classe, 24 % ont le sentiment que le maître les dévalorise et les sanctionne, 31 % pensent qu'il ne s'intéresse pas à eux, et un enfant sur deux pense qu'il ne va pas arriver à faire ce que le maître lui demande, et craint de montrer ses notes à ses parents", selon un sondage publié par l'Association de la fondation étudiante pour la ville (AFEV). "Les évaluations négatives font naître un sentiment fort d'incompétence", estime le sociologue de l'éducation Pierre Merle. "La personne finit par penser qu'elle est nulle."

Depuis 2005, "les instituteurs sont tenus, pour chaque élève, d'évaluer des dizaines d'aptitudes fines en consignant A pour Acquis, NA pour Non Acquis, EVA pour En Voie d'Acquisition". Cette année, l'usage du livret de compétences s'étend au collège : "Pour la première fois, les élèves qui passent le brevet vont voir leurs compétences prises en compte, en langues étrangères notamment."

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Source : Le Nouvel Observateur, 17/11/10

La fin des notes

"La culture de la note est encore très présente dans l'école française, historiquement tournée vers la sélection. Si ce modèle répondait aux exigences d'un système élitiste avant la massification scolaire, il apparaît aujourd'hui en total décalage avec l'objectif d'élévation globale du niveau d'étude. L'obsession du classement à laquelle il répond crée, dès l'école élémentaire, une très forte pression scolaire et stigmatise des élèves qu'il enferme progressivement dans une spirale d'échec. Démotivantes, les mauvaises notes sont vécues comme une sanction et n'apportent en rien les clés d'une possible progression."

L'Association de la fondation étudiante pour la ville (AFEV) se prononce pour la suppression des notes à l'école élémentaire. Voici la suite de l'appel qu'elle vient de lancer :

"Alors que la confiance en soi est indispensable à la réussite scolaire, les conséquences de ce système sur les élèves en difficulté sont désastreuses : fissuration de l'estime de soi, absence de valorisation de leurs compétences, détérioration des relations familiales et, à terme, souffrance scolaire. La pression scolaire précoce ne fait que nuire à l'efficacité de notre système éducatif : aujourd'hui, quatre écoliers sur dix sortent du CM2 avec de graves lacunes.

L'école gagnerait à s'appuyer sur une autre logique que celle de la compétition. Il faut qu'elle devienne pour tous les enfants une étape positive de leur construction, de leur épanouissement, du développement de l'estime de soi et de l'élaboration d'un rapport sain aux apprentissages.

D'autres modèles éducatifs ont prouvé leur efficacité. En Finlande – pays en tête des classements internationaux en matière d'éducation –, les élèves sont évalués pour la première fois à 9 ans de façon non chiffrée et commencent à être notés seulement à partir de 11 ans*. En France, les textes de loi ont déjà beaucoup évolué et ne font plus référence explicitement à la note comme système d'évaluation. Mais devant l'urgence d'apporter des réponses concrètes à la souffrance scolaire, nous devons franchir un palier supplémentaire. Nous appelons à supprimer la notation à l'école élémentaire, qui doit devenir l'école de la coopération et non de la compétition."

Lire l'appel

Source : Le Nouvel Observateur, 17/11/10

* En Suède, les élèves reçoivent leurs premières appréciations en classe de 4e, mais le Parlement pourrait mettre fin à ce système d'évaluation en décembre.

17 novembre 2010

Quartier libre

"Les actes de violence commis par des collégiens genevois envers un sommelier à Rome la semaine passée ne doivent pas remettre en question les voyages d’études. C’est le cri du cœur de nombreux enseignants du post-obligatoire [l'équivalent du lycée en France]. Certains reconnaissent des difficultés rencontrées lors de voyages, surtout lors des quartiers libres pour les élèves majeurs. Comment gérer ces situations ?"

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Source : La Tribune de Genève, 15/11/10

Les parents

"Chaque fois que la question du décrochage scolaire est soulevée, on vise les commissions scolaires, on vise les professeurs, on vise les politiciens. Mais on oublie les acteurs les plus importants : les parents."

Cette récente déclaration du Premier ministre du Québec Jean Charest* a suscité des réactions, relayées dans la presse. Pour Suzanne Veillette, du Cégep de Jonquière, mettre l'accent sur le rôle des parents risque d'occulter tous les autres aspects du problème : "C'est multifactoriel, ça ne peut pas être que les parents. Comment expliquerait-on, sinon, qu'il y ait autant de disparités géographiques ?"

Lire l'article

Source : Le Devoir, 13/11/10

* Voir aussi cet article du quotidien Le Soleil.

16 novembre 2010

Traduire "Madame Bovary" (suite)

Julian Barnes revient sur la nouvelle traduction en anglais de Madame Bovary, signée Lydia Davis. Doit-on aimer les livres que l’on traduit ? nous demandions-nous dans un précédent message [19/10/10]. Un grand roman doit-il être traduit par un bon écrivain (Lydia Davis) ou un moins bon écrivain ? s'interroge l'auteur du Perroquet de Flaubert dans cet article de la London Review of Books.

La question de la fidélité au texte d'origine se pose pour toute nouvelle traduction : "I’ve found that the ones that are written with some flair and some life to them are not all that close to the original; the ones that are more faithful may be kind of clunky", notait Lydia Davis dans une interview. "This is the paradox and bind of translation", lui rétorque Julian Barnes. "If to be ‘faithful’ is to be ‘clunky’, then it is also to be unfaithful, because Flaubert was not a ‘clunky’ writer."

Julian Barnes compare différentes traductions d'un même extrait : "Emma retrouvait dans l'adultère toutes les platitudes du mariage", "Tout et elle-même lui étaient insupportables", "Rodolphe, le cigare aux dents, raccommodait avec son canif une des deux brides cassée", "Elle connaissait à présent la petitesse des passions que l'art exagérait."

Sa démonstration est souvent implacable. Lydia Davis traduit "raccommodait avec son canif une des deux brides cassée" par "was mending with his penknife one of the bridles, which had broken." Davis "‘faithfully’ sticks to Flaubert’s sentence structure, écrit-il. But English grammar is not French grammar, and so the quiet cassée (which for all its quietness also hints at Rodolphe’s ‘breaking’ of Emma) has to be unpacked into a ‘which had broken’ – a phrase which now seems pretty redundant, as what would he mend that wasn’t broken? The sentence has a clunkiness which is imported, rather than faithfully transmitted, and quite unFlaubertian".

"Elle connaissait à présent la petitesse des passions que l'art exagérait" devient "She knew, now, how paltry were the passions exaggerated by art". Et voici ce qu'en dit Julian Barnes : "This is a key sentence in the novel. It is a calm, balanced sentence, in three parts, with a triple alliteration, the part containing the second and third ‘p’ making up the central phrase. […] She needlessly turns the first major noun into an adjective, then reverses the grammar of the final phrase. But the main failing of the sentence lies in those first three words: ‘knew’, ‘now’, ‘how’ – both a wail of assonance and a stuttering of rhythm far from the original."

La traduction est un exercice périlleux, les déclarations d'intention n'y font rien : "At its best, it conveys the precision – which some think dryness – of Flaubert’s prose in this novel, while its syntactical mirroring of the French sometimes brings us closer to Flaubert. At its worst, it takes us too far away from English, and makes us less aware of Flaubert’s prose than of Davis being aware of Flaubert’s prose."

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Source : The London Review of Books, n° 22 (18/11/10)

Prolongements : Lydia Davis interviewée dans le Financial Times du 07/08/10. Les premières pages de sa traduction. L'édition intégrale et électronique des manuscrits de Madame Bovary. Le site du Centre Flaubert de l'université de Rouen.

13 novembre 2010

La Princesse de Montpensier

"Pendant que la guerre civile déchirait la France sous le règne de Charles IX, l’amour ne laissait pas de trouver sa place parmi tant de désordres, et d’en causer beaucoup dans son empire. La fille unique du marquis de Mézière, héritière très-considérable, et par ses grands biens, et par l’illustre maison d’Anjou, dont elle était descendue, était promise au duc du Maine, cadet du duc de Guise, que l’on a depuis appelé le Balafré. L’extrême jeunesse de cette grande héritière retardait son mariage, et cependant le duc de Guise, qui la voyait souvent, et qui voyait en elle les commencements d’une grande beauté, en devint amoureux, et en fut aimé."

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10 novembre 2010

Faire venir un écrivain en classe

Au contact d'un écrivain, certains élèves découvriront que l'écriture peut être un jeu et qu'ils peuvent vaincre leur appréhension.

Jonny Zucker est un auteur anglais qui a l'habitude d'aller ainsi à la rencontre des élèves. Dans cet article, il délivre une série de conseils pour que tout se passe bien. Ces conseils sont bien sûr également valables pour l'enseignement du français.

Il vaut mieux par exemple se donner des objectifs précis : "In my experience, author visits are most successful when schools have a very specific learning objective and a pupil group in mind. At one two-form-entry school I visit, for each day I attend, they target one year group and one writing theme, for example, year 5 and developing characters. I begin the day with an introduction to all 60 year-5 pupils and then do a workshop with each class in the morning – with extension tasks for them to complete during the day. In the afternoon, I do another workshop with each class and we finish the day with a whole-year group session. By the end of the day, children have often created whole galleries of in-depth characters, such as aliens with a fetish for feta; cheating, football-playing ghosts and foul-tempered computer games consoles." 

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Source : The Guardian, 09/11/10

9 novembre 2010

Qui veut juin prépare octobre

Des élections législatives et présidentielle se tiendront en Haïti le 28 novembre 2010.

"Aucun pays sur terre n'a eu, en 2010, la couverture médiatique dont notre pays a bénéficié. Pour les pires raisons qui soient, nous avons fait la première page de tous les journaux du monde ; l'ouverture des plus grandes éditions de nouvelles télévisées ; le buzz sur internet et la une des bouches à oreilles. On nous a pris en photo sous toutes les coutures. Auscultés pour toutes les maladies. Assistés, aidés, appuyés, visités, sondés…

Sommes-nous sous tutelle ? Oh que non ! Nous sommes faibles, accablés, dépassés par tout ce qui nous arrive, mais encore maîtres de notre sort. C'est en tout cas la sensation que nous avons. Les élections qui vont se tenir sont la preuve par neuf que nous sommes majeurs. Cela dit, qu'allons-nous faire de notre capital médiatique dans les mois qui viennent ? […] "Qui veut juin prépare octobre", dit un adage que les enseignants affichent sur le tableau noir des classes de primaire. Cela devrait être notre leitmotiv ces jours-ci."

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Source : Le Nouvelliste, 08/11/10

8 novembre 2010

Le retour des notes

En Suède, les élèves reçoivent leurs premières appréciations en classe de 4e : "Ils obtiennent soit MVG (Très bien), VG (Bien) ou G (Passable). Ceux ayant un niveau insuffisant n'obtiennent pas de notes. "Le descriptif de chaque niveau pour chaque matière est suffisamment précis pour que l'élève voie quelle quantité de travail est nécessaire, constate Bengt Olsson, proviseur du collège de Blommensberg, à Stockholm. C'est un système qui fonctionne bien, même si deux niveaux intermédiaires vont être ajoutés à partir de 2011." Jusqu'à la cinquième, les élèves sont informés de leur niveau lors d'entretiens individuels une fois par semestre. une évaluation écrite leur est donnée, laquelle doit autant que possible éviter de ressembler à des notes." En décembre, le Parlement pourrait mettre fin à ce système.

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Source : Le Monde, 06/11/10

30 octobre 2010

Traitement de faveur

Les élèves des classes moyennes réussissent mieux à l'école grâce à leurs parents mais aussi, selon des chercheurs anglais, en raison du traitement de faveur que leur réserve leur établissement. Pourquoi en est-il ainsi ? "Nous ne le savons pas", reconnaît Gianni De Fraja. de l'université de Leicester. "Leurs parents parviennent sans doute à se faire davantage entendre…"

En France, Agnès Van Zanten avait déjà établi que la majorité des élèves des classes préparatoires aux grandes écoles bénéficiaient tout au long de leurs études de ce double parrainage, à la fois de leurs parents et de l'institution scolaire elle-même. [15/09/10]

Faut-il changer l'école ? Faut-il agir sur les parents des élèves des classes défavorisées, s'ils sont en cause ? Ou… les court-circuiter ? Au nom de l'égalité des chances ? "Le parrainage des meilleurs [de ces élèves], écrit Agnès Van Zanten, a un rôle à jouer dans une politique éducative ambitieuse. Il ne saurait en tenir lieu."

Esther Duflo, professeur en économie du développement au MIT, a montré qu'il existait à plus grande échelle un rapport direct entre le niveau moyen d'information des parents et le taux de scolarité d'une classe d'âge. La perception des bénéfices liés à l’instruction fait partie des critères de décision des parents, écrit-elle en substance. Leur donner une information qu'ils n'ont pas peut donc avoir des effets importants.

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Source : The Guardian, 29/10/10

Références : Esther Duflo, Le développement humain. Lutter contre la pauvreté (I), Seuil, 2010. À lire également, dans la même collection : François Dubet, Les places et les chances. Repenser la justice sociale.

27 octobre 2010

Every teacher is a language teacher

Dans cette école de la ville de Sterling, près de Washington, on compte proportionnellement de moins en moins d'élèves dont la langue maternelle est l'anglais. Les enseignants ont dû s'adapter. Une nouvelle méthode leur aura permis de se perfectionner : "SIOP* emphasizes language and interactive activities and encourages teachers to build a contextual background before delving into a lesson's content, said Angela Robinson, 46, Sugarland's principal. The model was developed as a national research project funded by the U.S. Department of Education from 1996 through 2003 to help nonnative English-speaking students succeed in school, according to the Center for Applied Linguistics Web site."

"The research was intended to benefit English-language learners in middle and high schools, said Courtney Jones, a SIOP resource teacher for Loudoun County schools. Six years ago, Jones was one of two third-grade** teachers who received training in SIOP and brought it back to Sugarland to adapt the method to the elementary level. One year later, the teachers trained the school's entire staff in SIOP. Sugarland is the only elementary school in the region to use SIOP schoolwide, and the benefits are clear, Robinson said. She said SIOP has not only helped the students but has also transformed the school staff members. "Every teacher is a language teacher in this school," Robinson said."

Tout le monde semble y trouver son compte : "When Sugarland implemented SIOP schoolwide, it became clear that the benefits of the protocol applied to all students, not just English learners, Robinson said. "My gifted-and-talented kids are doing better, too; my English language speakers are doing better," she said."

Il n'y a pas de miracle selon Courtney Jones : "The improvement is not surprising, Jones said, because the core principles of SIOP are synonymous with good teaching. "It isn't about redefining teaching methods, just refining them," she said." […] "That type of interaction -- using a real experience instead of a description or a flat image -- is far more effective at helping kids retain information, because words are connected to something meaningful and memorable, Robinson said. "If I don't know what a pumpkin patch is because I just moved here from El Salvador, you can describe it all day long and it won't mean anything to me," she said."

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Source : The Washington Post, 21/10/10

(* Sheltered Instruction Observation Protocol ** Le CE2)

26 octobre 2010

Le cinéma cambodgien

Un lecteur du quotidien The Phnom Penh Post s'interroge sur l'avenir du cinéma au Cambodge : "Perhaps what Cambodia needs is not so much a film industry […], but a vibrant and supported film culture. A film culture where new voices are encouraged, risks are conceived and training is provided for the first tentative steps."

"We learn from our mistakes. We don’t ask school children to write novels or paint like Picasso; we ask them to paint a picture or tell a story. We offer encouragement. We know that mistakes will be made along the way. But we appreciate that in the mistakes, the greatest lessons are learned. Creativity can’t be taught. It can’t be bought. It can only be nurtured. And there is an evident need to nurture a new generation of young Cambodian filmmakers and support them through their first efforts."

Il ajoute : "At the same time, government can’t talk about an industry on one side and then regulate the content on the other. That freedom of expression may result in negative portrayals of the Kingdom. But it will also give a new generation of voices the confidence to try. Did the Romanian film 4 months, 3 weeks, 2 days result in a negative attitude to Romania, or did it make international audiences think instead of Romania as a country with a strong film voice, culturally alive and proud?"

Lire la lettre (anglais)

Source : The Phnom Penh Post, 22/10/10

L'enseignement du tibétain

"Plusieurs milliers de collégiens tibétains […] sont descendus dans la rue la semaine du 18 octobre, dans plusieurs villes de trois préfectures tibétophones de la province du Qinghai (Malho, Tsolho et Golog), dans le nord-ouest de la Chine, pour défendre leur langue. […] C'est l'accélération de la politique dite d'éducation "bilingue" au Qinghai qui aurait poussé les élèves à manifester."

Le gouvernement local a pris des directives "pour "renforcer vigoureusement l'enseignement du chinois" et faire en sorte que les écoliers "parlent et comprennent le chinois". Le document officiel demande "d'équiper les dortoirs de télévisions" et de faire en sorte "que les professeurs et les étudiants regardent tous les jours les informations en mandarin". L'éducation "bilingue" revient de facto à évincer le tibétain."

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Source : Le Monde, 26/10/10

25 octobre 2010

Philippe Katerine

Le chanteur Philippe Katerine sort un nouvel album : Philippe Katerine. C'est le quotidien de Montréal La Presse qui en rend compte de la façon la plus juste :

"L'énergumène y aligne pas moins de 24 morceaux, pour la plupart très courts et apparemment simplets, dont le ton – mais pas le propos ! – évoque les comptines ou les chansons pour enfants. S'agit-il d'une supercherie ? Katerine s'amuse ferme, c'est clair. Il se moque, c'est évident. Crier au canular serait toutefois un peu court. L'apparente vacuité de plusieurs de ces vignettes chansonnières cache une observation fine, amusée et critique du monde actuel. Rendues dans une forme minimale, souvent délirante, elles flirtent autant avec le funk et le barbershop que la pop.

Intellectualiser à outrance cette démarche serait sans doute une erreur (l'album est mû en grande partie par le goût du jeu et le plaisir du mot), mais on ne peut s'empêcher de penser que ce poète déjanté se plaît aussi à démontrer par l'absurde les travers et les obsessions de notre monde fou."

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La chanson d'expression française

Source : La Presse, 02/10/10

23 octobre 2010

Coupes claires

Au Royaume-Uni, les coupes budgétaires devraient entraîner la suppression de 490 000 emplois d'ici à 2015 dans le secteur public. Les universités ne seront pas épargnées par ce plan d'austérité : "The chancellor (le ministre des Finances) praised universities as "jewels in our economic crown" but the spending review outlined cuts of 40% in their teaching budgets."

Mais toutes les disciplines ne sont pas logées à la même enseigne. Les lettres et les sciences humaines paieront le prix fort : "The spending review cuts the higher education budget from £7.1bn to £4.2bn by 2014. Funding for arts and humanities is likely to be hardest hit, with government support maintained for science, technology, engineering and maths degrees." De nombreux lecteurs se demandent bien pourquoi : "As ever, I am left bewildered and alarmed by the privileging of STEM subjects over other subjects, such as the Arts and Humanities. I understand that biology and engineering directly affect society but all subjects are beneficial to the world we live in."

Priyamvada Gopal, professeur à l'université de Cambridge, met les pieds dans le plat : "Why, after all, should society subsidise the study of Austen, Aristotle, the history of religious conflict or the films of Ousmane Sembène when more pressing problems demand money and attention?" On l'aura compris, la réponse est dans la question.

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My fears for the arts and humanities

Source : The Guardian, 20/10/10

21 octobre 2010

La loi 115

L'adoption du projet de loi 115 sur les "écoles passerelles" le 19 octobre au matin a suscité de nombreuses réactions au Québec. Les députés de l'Assemblée nationale ont adopté sous le bâillon ce projet de loi qui consacre la possibilité pour les élèves francophones et allophones de fréquenter une école en langue anglaise subventionnée, qu'elle soit privée ou publique.

Leurs parents devront cependant accepter de payer leur passage par l’école privée non subventionnée de langue anglaise pendant trois ans, avant d’avoir le droit de fréquenter le secteur public anglophone. Des fonctionnaires du ministère de l’Éducation devront aussi confirmer qu'ils ont bien effectué un "parcours scolaire authentique".

L'opposition reproche au gouvernement d'avoir fait preuve dans cette histoire d'un "à-plat-ventrisme inacceptable". Pour le Premier ministre, la position qui est la sienne est au contraire "pragmatique, juste et équilibrée".

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Source : Radio Canada, 20/10/10

20 octobre 2010

Le français, une option payante

Pour pouvoir travailler en Europe, mieux vaut savoir parler français ou allemand : "If you are an engineering graduate or student eyeing job in European Union, then in addition to the mandatory soft skills and art of communication, you would better add a course in French or German language to your academic kitty."

Une délégation de la Anna University a pu le constater sur le terrain, notamment en Belgique, en Suisse et en France : "The industry representatives told us that if our students learnt French or German they will turn out to be ready-made human resources for the companies there. Otherwise, the new recruits from India would have to learn the language after joining the company."

Mais dans cette université du sud de l'Inde, les cours de français sont optionnels et ne sont pas pris directement en charge : "The Anna University already offered optional certificate courses in Japanese and French for its students for a heavily subsidised sum. "Teachers from Japan and France themselves teach the students and their salaries are paid by their own governments," the vice chancellor said."

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Source : The Times of India, 28/09/10

19 octobre 2010

Traduire "Madame Bovary"

Doit-on forcément aimer les livres que l’on traduit ? Dans cet article de la NYRB, Jonathan Raban rend compte de la toute dernière traduction de Madame Bovary en anglais (il en existe une vingtaine). Son auteur, Lydia Davis, prétend ne pas aimer ce texte, qu'elle a pourtant dû examiner "à la loupe" : "One sees how she clings as tightly as she can to Flaubert’s grammar, working clause by clause, and relies on her instinctive ear for English prosody to save the sentences from sounding unpalatably odd. […] The bones of the original French show clearly through her English, and the rawness of her translation is, on the whole, invigorating."

Pour Kathryn Harrison, au contraire, la traduction ne se voit pas : "Given the pressure Flaubert applied to each sentence, there is no greater test of a translator’s art than “Madame Bovary.” Faithful to the style of the original, but not to the point of slavishness, Davis’s effort is transparent — the reader never senses her presence." (The New York Times, 30/09/10)

Comment faire, par exemple, avec l’imparfait ? "Every modern translator has been alert to how well the imparfait conveys the numbing repetitiousness of life in Madame Bovary : it is the tense of the daily round and the routine action, the tense of provincial boredom. It also tends to be cumbersome and obtrusive in its English form, working best when used sparingly and in short passages."

Ressources : Lydia Davis interviewée dans le Financial Times du 07/08/10. Les premières pages de sa traduction. L'édition intégrale et électronique des manuscrits de Madame Bovary. Le site du Centre Flaubert de l'université de Rouen.

15 octobre 2010

Ceux qui lisent encore

Dans cet entretien, Umberto Eco revient sur quelques-uns de ses thèmes de prédilection.

Internet : "Ce n'est plus nécessaire d'enseigner où est Katmandou, ou qui a été le premier roi de France après Charlemagne, parce qu'on le trouve partout. En revanche, on devrait demander aux étudiants d'examiner quinze sites afin qu'ils déterminent lequel, selon eux, est le plus fiable. Il faudrait leur apprendre la technique de la comparaison."

Les livres : "Si je vais dans ma cave et que je retrouve mon Pinocchio de quand j'avais 8 ans et sur lequel j'avais écrit, me reviennent des émotions que je ne trouve pas sur une disquette contenant le texte de Pinocchio. […] Les ordinateurs changent tellement que nous ignorons quelle est la durée de vie d'une disquette..."

Les monastères : "Je crois qu'il faut rétablir une culture des monastères, qu'un jour ou l'autre il faudra que ceux qui lisent encore se retirent dans de grands phalanstères […] Il faut être un peu aristocrates de ce point de vue-là."

Les langues : "Je parle mieux le français que l'anglais. Mais je préfère écrire en anglais qu'en français. Car en français, il y a des problèmes d'accents et d'orthographe qui sont terribles. Ou bien vous écrivez un bon français, ou bien vous n'êtes pas accepté. Tandis que quand vous écrivez un mauvais anglais, tout le monde vous accepte."

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Source : Le Monde, 12/10/10

14 octobre 2010

Cours de langue dès 3 ans

"À Zurich, comme à Bâle, selon le quotidien Le Temps, l’idée d’imposer des cours d’allemand aux enfants de langue maternelle étrangère fait jaser". Mais pour ses promoteurs, "il s’agit de garantir l’égalité des chances".

Cette idée s'appuie sur un chiffre : "Depuis 2008, les écoliers de langue maternelle non germanophone constituent la majorité des élèves zurichois (50,2 %)."

"Si cet enseignement se fait dans un esprit de jeu, il peut tout à fait représenter une chance pour des enfants dont les parents, notamment dans des milieux défavorisés, sont difficiles à convaincre. C’est à cet âge-là que l’enfant développe une conscience de la langue", note la linguiste Christa Dürscheid. Mais ce projet soulève également des réserves : "Les parents doivent comprendre l’utilité de cette démarche", estime Giuseppe Manno, professeur de didactique.

À partir de 2013, les enfants devraient disposer de deux heures de cours d'allemand par semaine, dès leur troisième anniversaire. 

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Source : Le Temps, 13/10/10

Les "grandes écoles"

Le New York Times s'interroge sur la place à part qu'occupent les "grandes écoles" en France. Faut-il revoir l'ensemble du système ?

"From food to fashion to architecture to transportation, the French take a justified pride in their country’s reputation for innovation. Whether it is the fleet of sleek high-speed trains crossing the countryside, the Airbus assembly plant at Toulouse, the latest collection of prêt-à-porter or the pioneering use of smart cards in French pay phones, the French often say that while their way of doing things may appear different, perhaps even a bit avant-garde, the rest of the world will eventually catch up. But when the discussion turns to France’s antiquated and underfinanced system of higher education, Gallic pride gives way to defensiveness, and even a certain embarrassment."

"Born out of the French Enlightenment, the grandes écoles have long been the cradle of the governing class. “Normaliens” (graduates from École Normal Supérieure), “Gadzarts” (from École Nationale Supérieure d’Arts et Métiers), “X-iens” (from École Polytechnique), and “Enarques” (from École National d’Administration) occupy a place in French national life similar to Oxbridge graduates in England or the Ivy League in the United States. Internationally, however, these institutions have far less clout than their Anglo-American counterparts.

Language is one factor. According to the most recent figures from the Organization for Economic Cooperation and Development, France trails only the United States and Britain as a destination for overseas students, attracting 7.3 percent of the market, roughly the same as Germany. Yet nearly two-thirds of foreign students in France come from just five countries: Algeria, Cameroon, Morocco, Senegal and Tunisia."

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Source : The New York Times, 11/10/10

13 octobre 2010

Why would anyone want to learn Mixteco?

Des étudiants de l'université de Californie à Los Angeles (UCLA) préfèrent le zapotèque, le mixtèque, l'aymara ou le quechua au français ou à l'espagnol. Quelles sont leurs raisons ? "Some leap in for the adventure. Others want to get closer to their roots."

"The university began teaching Mixteco a decade ago. A few years later, it partnered with UC San Diego and started to offer first Zapotec, then Aymara, a language spoken in Bolivia, Peru and Chile. Classes at San Diego State remain small; sometimes as few as half a dozen people show.

When Angelina Torres was first asked to teach her native language, Mixteco, there, she scoffed at the idea. "Why would anyone want to learn Mixteco?" she thought to herself. Growing up in Ixpantepec Nieves, a mountainous village in Oaxaca, she had seen anthropologists come and go, their notebooks full of words she couldn't read. She didn't understand why they would spend months studying her culture and history. "That's something we never had a chance to do ourselves," she said. Instead, young people were encouraged to speak Spanish because Mixteco "had no future." When she arrived in California at 22, she abandoned her native languages altogether for English. It wasn't until she agreed to teach at San Diego State that she began to take pride in her indigenous roots."

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Source : Los Angeles Times, 11/10/10

Classes d'accueil

Cette année, l'école primaire Jean-Grou à Saint-Laurent a ouvert cinq classes d'accueil. L'objectif de ce dispositif, mis en place par certaines commissions scolaires, est d'aider les enfants d'immigrants et de réfugiés à s'intégrer à terme dans une classe régulière.

Nicolas Martin s'occupe d'enfants âgés de 9 à 12 ans, provenant d'une dizaine de pays et parlant autant de langues : "Ce type de classe ouvre et ferme ses portes au gré des besoins. On y accueille des enfants qui viennent de pays non francophones pour la plupart, leurs parents sont généralement en situation très précaire, certains n'ont jamais fréquenté un banc d'école, n'ont jamais vu un livre, ne savent pas même écrire leur langue et parlent un dialecte de leur région."

"Il n'y a pas de méthode miracle, il faut faire preuve de créativité. La commission scolaire nous donne des outils, il existe du matériel pédagogique, mais le programme est plus ouvert que dans les classes régulières. Et, pour ma part, je préfère créer mes propres outils. […] Je ne sais pas à l'avance quel type d'élèves je vais avoir. Des francophones sous-scolarisés ou des non-francophones ayant un bon niveau scolaire dans leur langue ? La démarche n'est pas la même du tout."

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Source : Le Devoir, 02/10/10

Plus de deux heures par jour

Selon une étude de l'université de Bristol, portant sur un millier d'enfants d'une dizaine d'années, les enfants qui passent plus de deux heures par jour devant leur ordinateur ou la télévision souffrent davantage de problèmes psychologiques que les autres. Qu'ils soient actifs par ailleurs n'y change rien.

"Watching TV or playing computer games for more than two hours a day is related to greater psychological difficulties irrespective of how active children are."

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Source : BBC News, 11/10/10

8 octobre 2010

Le rôle de la presse algérienne

Le quotidien algérien de langue française El Watan ("La Patrie") a fêté jeudi ses 20 ans en publiant un numéro spécial. (AFP)

Dans ce numéro, l'historien Benjamin Stora revient sur le contexte dans lequel ce journal est apparu et le rôle de la presse algérienne aujourd'hui : "Il est significatif de lire dans la presse, et particulièrement dans El Watan, sous un angle historien et critique, la question de la présence des femmes dans les maquis (présence qui constitue une transgression par rapport au mode de vie algérien), la guerre cruelle entre les partisans de Messali Hadj (le MNA) et ceux du FLN, ou les débats autour de personnalités comme Amirouche…"

L’enjeu désormais est de savoir si cette partie de mémoire "peut être intégrée dans les ouvrages d’histoire, enseignés dans les écoles algériennes".

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Source : El Watan, 07/10/10

6 octobre 2010

On ne naît pas enseignant

Radio France Internationale (RFI) consacre une série d'émissions à la rentrée scolaire, une rentrée sous le signe de la contestation. En France, la formation pédagogique des enseignants est au cœur des discussions. Au Sénégal, le "quota sécuritaire" est sur la sellette. Ce système permet au ministère de l'Éducation de "nommer à sa seule discrétion des enseignants en dehors de tout critère pédagogique". Certains enseignants sont ainsi recrutés sans passer par la case concours. "On ne naît pas enseignant, on le devient", s'insurge le coordinateur national de la Coalition des organisations en synergie pour la défense de l'éducation publique (Cosydep).

Mais dans les pays du sud du Sahara, les parents sont surtout confrontés en cette période de rentrée à des difficultés financières. Au Niger, certains se battent pour que les filles soient, en dépit de ces difficultés, scolarisées au même titre que les garçons. "Leur corps n'est pas leur seul capital", conclut Alain Foka.

Écouter l'émission du 05/10/10

A Library Without Walls

L'historien Robert Darnton, spécialiste des Lumières, en appelle à la création aux États-Unis d'une bibliothèque numérique nationale (NDL). L'idée est simple : "The NDL would make the cultural patrimony of this country freely available to all of its citizens. It would be the digital equivalent of the Library of Congress, but instead of being confined to Capitol Hill, it would exist everywhere, bringing millions of books and other digitized material within clicking distance of public libraries, high schools, junior colleges, universities, retirement communities, and any person with access to the Internet."

"Avons-nous la volonté de le faire ?" se demande Robert Darnton, pour qui il s'agit avant tout d'une question de principe. "The ambition behind this project goes back to the founding of this country. Thomas Jefferson formulated it succinctly: “Knowledge is the common property of mankind.” He was right—in principle. But in practice, most of humanity has been cut off from the accumulated wisdom of the ages. […] The danger of restricting access to knowledge is as great today as it was two hundred years ago. Here is a copyright notice attached to a recent electronic edition of Alice’s Adventures in Wonderland, which was first published in 1865:

"Copy: No text selections can be copied from the book to the clipboard….
Lend: This book cannot be lent to someone else.
Give: This book cannot be given to someone else.
Read aloud: This book cannot be read aloud."

Contrast that statement, made only yesterday, with the following remarks by Voltaire after the publication of his Questions sur l’Encyclopédie in 1772: “It is hereby permitted to any bookseller to [re]print my silliness, be it true or false, at his risk, peril, and profit.""

Cette "République des lettres" à laquelle Robert Darnton songe verra-t-elle le jour ? "We can equip the smallest junior college in Alabama and the remotest high school in North Dakota with the greatest library the world has ever known. We can open that library to the rest of the world, exercising a kind of “soft power” that will increase respect for the United States worldwide. By creating a National Digital Library, we can make our fellow citizens active members of an international Republic of Letters, and we can strengthen the bonds of citizenship at home."

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Source : The New York Review of Books, 04/10/10

5 octobre 2010

Cours de rattrapage en français

Selon les universitaires français, le niveau d'orthographe, d'expression écrite et orale des étudiants français a singulièrement baissé depuis 10 ans. C'est ce constat qui a poussé une vingtaine d'universités françaises à mettre en place à la rentrée 2010 des cours de remise à niveau et de maîtrise de la langue française.

"Dix-neuf des quatre-vingt-trois universités du pays organisent, sous des modes divers, des cours d'orthographe, de grammaire ou d'expression orale à des étudiants dont le niveau est considéré comme handicapant pour mener à bien leurs études, et ce, dans le but de faire baisser le taux d'échec en première année de licence. Ces cours sont souvent organisés à la suite de tests [...] et existent dans des filières littéraires, mais aussi dans des facultés scientifiques." Des initiatives largement encouragées par la ministre française de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Valérie Pécresse.

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Source : Le Point, 04/10/10

4 octobre 2010

Une heure par jour

L'Espagne cherche à améliorer les performances de ses élèves en langues étrangères : "El objetivo es que, en una década, todos los alumnos terminen la ESO* con un nivel B2 en una segunda lengua –el equivalente al nivel intermedio superior en el Marco Común Europeo de Referencia para las lenguas (MCER)– y la mitad de los estudiantes adquieran un nivel B1 (intermedio inferior) en un tercer idioma."

Cela passe par le renforcement de la pratique au quotidien : "Una de las novedades es la implantación de actividades extraescolares en idiomas distintos al castellano, principalmente en inglés. El objetivo es que todos los centros de Primaria y Secundaria ofrezcan, al menos, una hora diaria fuera del horario escolar para que los estudiantes practiquen y aprendan conversando con profesores auxiliares. Como una academia, pero gratis y con una media prevista de un profesor por cada cinco alumnos."

Ces heures de langue seront-elles prises en charge par les enseignants eux-mêmes ? Par des étudiants Erasmus ? "La principal pega que plantearon las comunidades al programa de lenguas fue que faltan profesores especializados para enseñar a los alumnos. Pidieron más flexibilidad en la contratación de docentes extranjeros, frente a la postura del Gobierno, que prefiere formar mejor a los docentes propios."

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Source : El País, 02/10/10

(* Classe de seconde)

1 octobre 2010

Georges Charpak

Le physicien français Georges Charpak, Prix Nobel de physique, est décédé le 29 septembre 2010 à Paris. L'Académie des sciences lui rend hommage ainsi que de nombreuses publications.

"Prenant exemple sur une méthode d’enseignement des sciences pratiquée dans les quartiers défavorisés de Chicago, Georges Charpak s’est trouvé en 1996 à l’initiative de La main à la pâte. En mai 2006, il co-signait avec Pierre Léna et Yves Quéré un article en forme de bilan d’étape, "La main à la pâte, dix ans après", publié dans le n° 443 des Cahiers pédagogiques consacré à la culture scientifique."

Cet article est à lire sur le site des Cahiers pédagogiques. Il débute ainsi : "Entre 4 et 12 ans, l’enfant vit un véritable âge d’or de la curiosité pour les choses du monde de la nature, quels que soient son milieu social, ses difficultés scolaires ou familiales, sa maîtrise du langage. À ce stade de leur développement, tous les enfants sont des "gourmands de science". C’est à l’école qu’ils organisent leur pensée et leur personnalité, développent leur forme propre d’intelligence : il appartient à celle-ci de répondre à cette curiosité, d’en organiser l’expression, de la nourrir et de structurer les multiples réponses qu’elle appelle."

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Source : Les Cahiers pédagogiques, 30/09/10

30 septembre 2010

Sloppy language

L'actrice Emma Thompson met en garde les jeunes contre leur façon de s'exprimer : "There is the necessity to have two languages - one that you use with your mates and the other that you need in any official capacity."

Le professeur Clive Upton de l'université de Leeds ne dit pas le contraire tout en relativisant ses propos : "If they do deploy the sort of language they're using on the streets in formal settings then it could well be a disadvantage to them but at other times it's quite clearly the way they get along, the way that they signal they belong in a group, the way that they fit in. And we all do that in our professional lives as well. We've got all our acronyms and our little words that we use that send a signal - I'm one of the club."

D'autre part, un mot comme "like", par exemple, permet de gagner du temps : "It has nothing to do with sloppiness, says John Ayto, editor of the Oxford Dictionary of Modern Slang. We all use fillers because we can't keep up highly-monitored, highly-grammatical language all the time. We all have to pause and think."

"Another common use of "like" by young people is as a quotative, which is a grammatical device to mark reported speech. For example: "She was like, 'you aren't using that word correctly' and I was like, 'yes I am'." It is also commonly used to indicate a metaphor or exaggeration. "I, like, died of embarrassment when you told me to stop using slang." Alternatively, it is employed to introduce a facial expression, gesture or sound. A speaker may say "I was like..." and then hold their hands up, shrug or roll their eyes."

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Source : BBC News, 28/09/10

29 septembre 2010

Enquête sur les portables

Plus de 22 000 ordinateurs portables ont été distribués dans les écoles primaires au Portugal (premier cycle) depuis le début de l'année scolaire. L'agence de presse Lusa a eu accès à une enquête réalisée par les services du ministère portugais de l'Éducation auprès des enseignants concernés : "Quase cinquenta por cento dos 9473 docentes que responderam ao inquérito afirmam usar o computador um dia por semana na sala de aula."

Ce programme devrait contribuer à réduire la fracture numérique et à renforcer l'égalité des chances : "Quanto aos benefícios do programa, 79 por cento dos inquiridos concordaram que permite a igualdade de oportunidades no acesso a computadores e 70 por cento indicou que melhora ou facilita a aprendizagem da criança."

Des questions portaient également sur le type d'activités réalisées en classe : "Das actividades realizadas na sala de aula com recurso ao portátil, os professores indicaram “ensinar a criança a utilizar o computador (93 por cento), “aceder à internet” (79 por cento), “navegar e pesquisar na internet” (78 por cento) e “ler” (71 por cento). No fim da lista surgem “participar em redes sociais” (1 por cento) e criar filmes (7 por cento)."

Lire l'article (portugais)

Source : Público, 26/09/10

25 septembre 2010

100 ans d'éducation au Québec

"Certains peinent à imaginer qu'on ait pu marcher plusieurs kilomètres dans le blizzard pour aller à l'école de rang, chauffée par la maîtresse !"

Le quotidien Le Devoir fête son centenaire en revisitant l'histoire récente du Québec : cette semaine, publication d'une série d'articles sur l'éducation, des années 1900 à la réforme Parent, du début des années 1960. Un article revient notamment sur le traitement par le quotidien de la question linguistique. Si "la langue fait toujours parler d'elle", aujourd'hui, "qu'il s'agisse de la question de la langue d'affichage ou de celle du libre choix de la langue d'enseignement, comme on le voit en ce moment même avec les écoles passerelles*, le débat se joue le plus souvent sur le terrain strictement juridique, avec tout ce que cela entraîne de jargon et de procédure"...

Source : Le Devoir, 25/09/10

(* Écoles anglaises privées non subventionnées)

Chantrapas

L'expression "remonte à la fin du XIXe siècle. Les familles aisées de Saint-Pétersbourg amenaient leurs enfants à des maîtres de bel canto italiens pour leur apprendre le chant. À l'époque, l'aristocratie russe parlait français, donc les Italiens avaient appris deux mots lorsqu'ils sélectionnaient les enfants : “chantera” et “chantera pas”. Ensuite, “chantrapas” est devenu un nom commun : les chantrapas étaient les bons à rien, les exclus…"

Nicolas, le personnage principal du nouveau film d'Otar Iosseliani, sorti cette semaine en France, est "moins un artiste maudit, victime de la société, qu'un individu cherchant, coûte que coûte, son autonomie, qui n'est pas celle que mériterait un génie incompris mais plutôt celle qui consiste finalement à ne vouloir rendre de comptes à personne". "Son art est soumis aux tracasseries de la bureaucratie et de la censure. […] Son obstination à rester lui-même est l'âme du film."

Lire les critiques du Figaro / du Monde (21/09/10)

Écouter Otar Iosseliani, France culture (25/09/10)

22 septembre 2010

Emma, Jade, Léa, Manon, Chloé...

"En 2011, peu de changement dans le top des prénoms en France : Lucas, Nathan, Enzo, Louis, Gabriel, Ethan, Jules ou Raphaël pour les garçons, Emma, Jade, Léa, Manon, Chloé, Inès, Camille ou Lilou, pour les filles."

Nommer un enfant n'est jamais le fait du hasard. Les enfants étaient dans l'Antiquité désignés par "le nom d'un de leurs ancêtres, par le nom du lieu de naissance de l'enfant, par un nom caractérisant un défaut, une qualité, un trait physique ou moral (Oidipous : "pied enflé"), par un nom qui devait définir la personnalité de l'enfant, par le nom d'une divinité, par le nom d'un rang dans la famille (Sextus : "sixième"), par le nom porté par une personne célèbre..." Le nom donné devait contribuer à la réussite de l'enfant. (1) Qu'en est-il aujourd'hui ?

Il existe des dizaines de sites sur internet sur les prénoms, leur fréquence, leur origine.

Lire la dépêche

Source : AFP, 17/09/10

1. Pour lire aujourd'hui les textes de l'Antiquité : collège et lycée, C. Briffard, S. Goffard, L. Piccolin, CRDP Académie de Créteil, France, 2003.

21 septembre 2010

L'éducation pour tous ?

Les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) seront-ils atteints ? L'école pour tous (l'objectif n° 2) n'est pas pour demain, écrit Le Monde.

"Des progrès importants ont été engrangés entre 2002 et 2004, de nombreux pays procédant à une scolarisation de masse. L'Asie du Sud et de l'Ouest a réduit de moitié sa population non scolarisée en près de dix ans. Le Bénin, souvent cité en exemple, affichait en 1999 un taux de scolarisation de 50 %, l'un des plus bas du monde. Dix ans plus tard, ce pays pourrait atteindre 100 % d'une classe d'âge scolarisée en 2015.

Mais les progrès ont ralenti ces dernières années […] nombre de pays doivent maintenant s'attaquer aux inégalités au sein de leurs propres sociétés. Car les laissés-pour-compte de l'éducation sont aussi ceux qui sont privés d'accès à d'autres services publics, comme la santé. Parfois parce qu'ils habitent dans des régions reculées, parce qu'ils font partie d'un groupe ethnique minoritaire, parce que la langue de l'école n'est pas leur langue..."

Lire l'article

Source : Le Monde, 20/09/10

20 septembre 2010

La relation médecin-patient

"Comment gérer la relation médecin-patient, parfois fort complexe, malgré la barrière de la langue ? Et quelle place faut-il laisser à l’interprète, professionnel ou non, dans le cadre du soin ?"

Des solutions existent.

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Source : La Croix, 13/09/10

17 septembre 2010

Amy Foster

Dans cette nouvelle de Joseph Conrad, écrite en 1901, le narrateur relate la vie d'un naufragé réfugié en Angleterre qui ne peut plus communiquer dans sa langue maternelle. Il parle un anglais approximatif. À la naissance de son fils, il dit avoir hâte de le voir "devenu assez grand pour avoir quelqu’un à qui parler", dans cette langue que les Anglais trouvent "si troublante, si passionnée et si étrange".

Mais sa femme "déteste cette idée" : "Je ne peux pas comprendre ce qu’il lui dit." Une nuit, elle prend peur et s’enfuit avec l’enfant.

"It is difficult to read ‘Amy Foster’ without thinking that Conrad must have feared dying a similar death, inconsolable, alone, talking away in a language no one could understand", écrit Edward Said dans la London Review of Books.

Lire la nouvelle en français / anglais

Bibliographie : Les Nouvelles complètes de Joseph Conrad ont été publiées en 2003 dans la collection "Quarto Gallimard".

I Prof

La rédaction du quotidien italien La Repubblica a ouvert un espace sur son site pour recueillir le témoignage des enseignants, en ce début d'année scolaire :

"Abbiamo chiesto ai lettori di Repubblica.it di raccontare il primo impatto con l'anno scolastico, buono o cattivo che fosse. Nient'affatto buono. Anzi, i messaggi che continuano ad arrivare disegnano qualcosa di ben peggiore, il quadro di una scuola messa sulla via del declino. Che, forse per la prima volta con questa intensità, viene raccontato dagli stessi professori. Non lamentele, ma denunce precise, episodi, deduzioni (spesso amare) sulle conseguenze per l'educazione culturale del Paese. Prima ancora che ai genitori o agli studenti che ci stanno scrivendo in massa, diamo quindi la parola a loro. I Prof."

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Racconta la tua storia

Source : La Repubblica, 16/09/10

16 septembre 2010

Are dying languages worth saving?

"It's very romantic to try and save a language but nonsense", estime le journaliste du Times Philip Howard. "Language is not a plant that rises and falls, lives and decays. It's a tool that's perfectly adapted by the people using it."

Au Pays de Galles, vient de se tenir une conférence sur cette problématique des langues menacées de disparition : "About 6,000 different languages are spoken around the world. But the Foundation for Endangered Languages estimates that between 500 and 1,000 of those are spoken by only a handful of people. And every year the world loses around 25 mother tongues."

La BBC met les pieds dans le plat : "Are dying languages worth saving?"

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Source : BBC News, 15/09/10

Bibliographie : Dans cet article de 2001, Ian Buruma soulevait déjà la question : "When languages die because the speakers are massacred or forced to change, this is indeed deplorable, but the ecolinguists think diversity is a good thing per se, and the loss of any language, no matter how small, and whatever the circumstances of its demise, a loss to humanity." ("The Road to Babel", NYRB, 31/05/01)

15 septembre 2010

Le tamazight

"L’enseignement de cette matière à Tizi Ouzou bénéficie de l’obligation de son apprentissage, contrairement à d’autres wilayas, et ce, malgré le caractère facultatif que lui confère la loi."

80 % des écoles primaires dans la wilaya de Tizi Ouzou seraient ainsi concernées cette année par cette mesure.

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Source : El Watan, 15/09/10

Parrainage compensatoire ?

En France, des sociologues s'intéressent aux inégalités sociales et scolaires et aux politiques visant à les réduire. Quels en sont les résultats ? François Dubet a publié un premier ouvrage sur l'égalité des chances puis a montré avec Marie Duru-Bellat qu'il ne fallait pas tout attendre de l'école, et des diplômes [25/08/10]. Les élèves des classes moyennes le savent bien, paradoxalement. C'est ce qui transparaît également à la lecture du dossier de juin 2010 de la revue Actes de la recherche en sciences sociales qui porte sur l'enseignement supérieur*.

Agnès Van Zanten dans Le Monde apporte une nouvelle contribution au débat. Le fait est que la majorité des élèves des classes préparatoires aux grandes écoles (les "prépas") bénéficient tout au long de leurs études d'un double parrainage à la fois de leurs parents et de l'institution scolaire elle-même.

Pour les élèves des classes défavorisées, souvent livrés à eux-mêmes, faut-il dès lors instaurer une sorte de parrainage compensatoire ? "Le parrainage des meilleurs [de ces élèves], écrit Agnès Van Zanten, a un rôle à jouer dans une politique éducative ambitieuse. Il ne saurait en tenir lieu."

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Source : Le Monde, 14/09/10

* Annabelle Allouch, "Une histoire sans fin ? Les inégalités sociales perdurent dans l’enseignement supérieur", La Vie des idées, 13/09/10.

8 septembre 2010

Bizutage

"La première année, on apprend à obéir et la deuxième à donner des ordres."

En France, le bizutage est un délit : "Le fait pour une personne d’amener autrui, contre son gré ou non, à subir ou à commettre des actes humiliants ou dégradants lors de manifestations ou de réunions liées aux milieux scolaire et socio-éducatif est puni de six mois d’emprisonnement et de 7 500 euros d’amende." (loi du 18 juin 1998)

Mais dans la pratique, ça continue : "Le choix de participer ou non au week-end d’intégration (communément appelé WEI – à prononcer "ouaille") est un premier dilemme." "Nombre de bizuteurs envisagent ces mises à l’épreuve comme une préparation au monde de l’entreprise."

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Source : L'Etudiant, septembre 2010

Ressources : Cette plaquette (PDF) éditée par une association qui lutte contre le bizutage peut servir de document authentique pour aborder ce thème en classe, avec des élèves d'un certain âge.

6 septembre 2010

Rentrée des classes

En France, les nouveaux professeurs ont débuté la semaine dernière leur carrière sans avoir reçu de formation pédagogique initiale. Sept d'entre-eux témoignent de leur appréhension, à la veille de la rentrée des classes.

"Après avoir passé deux ans à préparer l'agrégation, à étudier Shakespeare et les plus grands classiques de la littérature anglaise, à analyser la grammaire dans ses plus infimes détails, et à avaler des dizaines de dates, nous voilà propulsés à temps plein devant une classe sans que personne ne nous ait jamais appris à gérer un groupe de 35 adolescents, ni même à préparer un cours."

"A deux jours de la rentrée, je ne sais pas comment l'on construit une séance, une séquence… Je n'ai d'ailleurs pas la moindre idée de la réalité d'une classe !"

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Source : Le Monde, 02/09/10

1 septembre 2010

Barrière linguistique

Des universitaires s'insurgent contre un projet du Gouvernement de Catalogne visant à leur faire passer des tests de langue : "Catalán en la Universidad sí, pero sin exigencias y en convivencia con otras lenguas como el castellano y el inglés, como ocurre ahora en las universidades catalanas. Esa es la opinión de varios profesores consultados ayer, que criticaron que el Gobierno catalán quiera exigir como requisito tener un título con nivel de catalán."

Selon un enseignant de l'université Pompeu Fabra de Barcelone (UPF), une institution publique multilingue : "Lo que hay que hacer es captar talento y buscar a los mejores profesores, independientemente de su nacionalidad. Autoimponer una barrera lingüística es de locos."

Le président de cette même université prévient : "Tenemos que hacer compatible la presencia del catalán en la Universidad con la apertura al mundo."

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Source : El País, 01/09/10

Évaluer l'évaluation

Aux États-Unis, des voix s'élèvent contre la publication par la presse de données nominatives portant sur l'évaluation des enseignants de primaire et contre la méthode d'évaluation qui a été adoptée et qui semble gagner du terrain : "How good is one teacher compared with another?"

"A growing number of school districts have adopted a system called value-added modeling to answer that question, provoking battles from Washington to Los Angeles — with some saying it is an effective method for increasing teacher accountability, and others arguing that it can give an inaccurate picture of teachers’ work."

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Source : The New York Times, 31/08/10

(Ces informations publiées par The Los Angeles Times ont fait réagir les syndicats d'enseignants. La base de données est en ligne.)

31 août 2010

Alain Corneau

Le réalisateur de Série noire, écrit avec Georges Perec, d'après un roman de Jim Thompson, est mort le 30 août à Paris : "Le film noir est au centre du volcan : qui est coupable, qui ne l'est pas ? On peut dire un tas de choses d'une manière masquée. Il y a plusieurs lectures possibles : l’histoire, le destin, et très souvent dans les films noirs, il y a une radiographie sociale qui est en général assez explosive, qui n'est jamais du côté des bienpensants et du pouvoir."

Vous pouvez réentendre sa voix sur le site de RFI.

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Source : RFI, 30/08/10

25 août 2010

Tout attendre de l'école ?

Le Monde publie un entretien avec le sociologue François Dubet, auteur avec Marie Duru-Bellat et Antoine Vérétout d'un nouveau livre intitulé Les sociétés et leur école (Seuil) :

"Nous avons voulu montrer que les effets de l'éducation sur les sociétés s'expliquaient, pour une part, par les fonctions attribuées à l'école. C'est ce que mesure en particulier l'emprise scolaire, c'est-à-dire le rôle joué par les diplômes dans la "distribution" des individus au sein de la société."

En France, plus qu'ailleurs, cette emprise est forte.

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Source : Le Monde, 25/08/10

20 août 2010

Apprentissage précoce

Pour que votre enfant apprenne une langue seconde, confiez-le à une baby-sitter bilingue... Cet article du New York Times – "Looking for Baby Sitters: Foreign Language a Must" – pèse le pour et le contre.

"Although a majority of parents seeking caretakers for their children still seek ones who will speak to their children in English, popular parenting blogs and Web sites indicate that a noticeable number of New York City parents are looking for baby sitters and nannies to help their children learn a second language, one they may not speak themselves.

Parents cite different reasons for hiring baby sitters and nannies to speak a second language with their children. Some struggled to pick up foreign languages and want to make life easier for their children. Some believe it makes them smarter. And naturally, this being the melting pot that is New York, many parents have a connection to another language and want to reinforce it."

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Source : The New York Times, 18/08/10

19 août 2010

Inégalités salariales

"Bien que les filles aient rattrapé, puis dépassé le niveau d'éducation des garçons – depuis 1971, les bachelières sont plus nombreuses que les bacheliers et, depuis 1975, les étudiantes sont plus nombreuses que les étudiants –, les inégalités salariales restent importantes : en 2006, dans les entreprises de plus de dix salariés du secteur concurrentiel, la rémunération des femmes était inférieure de 27 % à celle des hommes."

Une étude, publiée dans la revue de l'OFCE (sommaire) montre que "les interruptions de carrière liées à la naissance d'un enfant provoquent de gros retards salariaux, mais surtout que même les femmes qui ne s'arrêtent pas de travailler affichent des salaires inférieurs à ceux des hommes. Comme si le soupçon du désinvestissement professionnel suffisait à ralentir leur carrière."

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Source : Le Monde, 18/08/10

À lire : Dans son dernier ouvrage, Les places et les chances, Repenser la justice sociale, François Dubet aborde cette question de l'égalité des chances (Seuil, 2010).

16 août 2010

L'enseignement du chinois

"D’après Zhang Xiaozhen, la vice présidente de l’Institut Confucius de l’université de Yaoundé II, plus de 2 500 personnes apprennent la langue chinoise au Cameroun, et près de 20 enseignants la dispensent, parmi lesquels trois Camerounais. Elle ajoute que l’effectif des apprenants ne cesse de croître."

"Âgé de 24 ans, Claude Donfack Tchaleu fait partie de la deuxième promotion de la filière chinois de l’université de Maroua. Il devra sortir dans trois ans comme enseignant de chinois. Et c’est avec conviction qu’il parle du métier qu’il a librement choisi. "Je n’ai pas choisi le chinois par hasard. Enfant, j’ai beaucoup regardé les films chinois, surtout ceux de Jackie Chan, et j’ai toujours rêvé de la Chine. Aujourd’hui, la Chine est une puissance avec qui il faut composer, nous avons tout à y gagner", soutient-il."

Les responsables de 25 instituts Confucius créés dans 18 pays d'Afrique et les dirigeants du bureau du Conseil international pour la promotion de la langue chinoise (Hanban) se sont réunis la semaine dernière à Yaoundé pour la troisième conférence annuelle de ces instituts à vocation pédagogique et culturelle.

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Source : Quotidien Le Jour, 13/08/10

5 août 2010

La mixité à l'école

Selon une étude publiée en juillet 2010*, les professeurs consacrent en France en moyenne 44 % de leur temps aux filles, contre 56 % aux garçons : "un détail à l’échelle de l'heure de classe, une différence considérable ramenée au temps passé en cours durant une scolarité."

"Non seulement les enseignants interrogent plus souvent les garçons, mais ils passent aussi plus de temps à réagir à leurs interventions", souligne Marie Duru-Bellat. "À travers ces contacts, les garçons reçoivent un enseignement plus personnalisé, alors que les filles sont davantage perçues et traitées comme un groupe."

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Source : La Croix, 04/08/10

* Revue de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE)

4 août 2010

La maternelle

Radio Canada établit un comparatif entre les sociétés française et allemande en matière de natalité. De 3 à 6 ans, tous les petits Français accèdent gratuitement à la maternelle. Il s'agit là, selon François Héran, qui dirige l’Institut national d’études démographiques (INED), d'une des mesures les plus efficaces en faveur de la natalité. Les parents peuvent concilier ainsi vie familiale et vie professionnelle.

Voir le reportage

Source : Radio Canada, 27/07/10

25 janvier 2010

Gallica

La plateforme numérique de la Bibliothèque nationale de France (BNF) diffuse depuis deux mois une lettre d’information mensuelle gratuite rendant compte de la richesse des collections numérisées de la BNF et de ses partenaires, "dans une perspective pédagogique et ludique".

Par ailleurs, un nouvel outil de consultation des ouvrages a été mis en place. D'un simple clic, l'internaute fait défiler les pages "verticalement ou horizontalement, deux par deux en vis-à-vis ou page par page." Le zoom est "plus puissant et donne accès rapidement à un niveau de détail plus grand". Enfin, grâce au chemin de fer, "on atteint directement la partie du texte souhaitée".

Trois exemples d'ouvrages datant du XVIe siècle que l'on peut trouver sur Gallica :

1) Défense et illustration de la langue française, le manifeste de Joachim du Bellay (signé "IDBA" pour Joachim du Bellay L'Angevin) tel qu'imprimé en 1549 : "Le temps viendra (peut-être) [...] que notre langue [...] qui commence encore à jeter ses racines, sortira de terre, et s'élèvera en telle hauteur et grosseur qu'elle se pourra égaler aux mêmes Grecs et Romains, produisant comme eux des Homères, Démosthènes, Virgiles et Cicérons"...

2) Histoire d'un voyage fait en la terre du Brésil : autrement dite Amérique, par Jean de Léry, publiée en 1578. Claude Lévi-Strauss a cet ouvrage en poche quand il arrive pour la première fois à Rio en 1935. Voici ce qu'il écrit sur cette histoire étrange dans Tristes tropiques : "Isolés sur un continent aussi inconnu qu'une autre planète, complètement ignorant de la nature et des hommes, incapables de cultiver la terre pour assurer leur subsistance, dépendant pour tous leurs besoins d'une population incompréhensible qui les a d'ailleurs pris en haine, assaillis par les maladies, cette poignée de Français, qui s'étaient exposés à tous les périls pour échapper aux luttes métropolitaines et fonder un foyer où puissent coexister les croyances sous un régime de tolérance et de liberté, se trouvent pris à leur propre piège. Les protestants essayent de convertir les catholiques, et ceux-ci les protestants. Au lieu de travailler à survivre, ils passent les semaines en folles discussions : comment doit-on interpréter la Cène ? Faut-il mêler l'eau et le vin pour la consécration ?"

3) Les œuvres du chirurgien Ambroise Paré (1575) comprennent notamment le fabuleux Livre des monstres et prodiges, qu'il faut feuilleter en se souvenant de ce qu'écrit Montaigne, pratiquement au même moment : "Jusques à cette heure, tous ces miracles et evenemens estranges se cachent devant moy. Je n'ay veu monstre et miracle au monde plus expres que moy-mesme. On s'apprivoise à toute estrangeté par l'usage et le temps ; mais plus je me hante et me connois, plus ma difformité m'estonne, moins je m'entens en moy." (Les Essais, Livre III, chapitre 11) Quel renversement de perspective !

La page d'accueil de Gallica / la lettre d'information

20 janvier 2010

Passages

Dans le numéro 367 du Français dans le monde, la sociologue Cécile Van de Velde revient sur la question du "passage" à l’âge adulte dans les sociétés européennes : "Les parcours de vie sont beaucoup moins scandés qu’ils ne l’étaient. Les frontières entre les âges s’effacent, les périodes se chevauchent et les situations hybrides se multiplient : les jeunes peuvent être autonomes sur certains plans et rester malgré tout dépendants de leurs parents sur d’autres."

Dans un texte de 1979, René Zazzo rapporte l'anecdote suivante. À Genève en 1955, lors d’un congrès de psychologues et de physiologistes, un intervenant expliqua qu'il était parvenu à différencier 61 périodes chronologiques différentes s’échelonnant de la naissance jusqu’à l’âge de 24 ans : "Ces périodes présentaient une telle diversité, écrit René Zazzo, qu’il était impossible de les réduire les unes aux autres pour parvenir à un chiffre raisonnable et à un schéma cohérent."

On ne peut pas facilement découper la vie humaine en tranches !

"Paradoxalement, en France, les moyens de l’indépendance viennent tard, alors que l’indépendance elle-même est favorisée par l’éducation", remarque Cécile Van de Velde. René Zazzo résume ainsi la situation : "est adulte l’individu qui est considéré comme tel par la société où il vit, et selon les critères de cette société." Ce qui revient à dire : "est adulte celui qui est considéré comme tel par les autres adultes."

À chacun ensuite, à chaque société, de s’interroger…

24 décembre 2009

Bioéthique

Le projet de loi de révision de la loi de bioéthique de 2004 devrait être présenté au Parlement français au printemps 2010. La mission d’information chargée de dresser le bilan de l’application de la législation actuelle et de préparer cette révision a achevé ses travaux la semaine dernière. Ceux-ci ont porté notamment sur l'assistance médicale à la procréation, le diagnostic prénatal, les recherches sur l'embryon, les cellules souches, le clonage, etc.

Les vidéos des auditions sont en ligne.

Ces vidéos, qui ne sont pas spectaculaires, rendent compte de la façon dont fonctionne un Parlement au jour le jour en démocratie. 

Quelques ressources :

Présentation de la mission d'information sur la révision des lois bioéthiques / Les vidéos des auditions / Ce dossier de la Documentation française a été publié lors de la révision de la loi en 2004 / Vous trouverez également des informations sur les sites du Comité consultatif national d'éthique et de l'Agence de la biomédecine / Le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) a publié un dossier illustré sur les sciences de la vie au lycée / Sur le site de la Cité des sciences et de l'industrie, vous trouverez ce lexique des mots de la science.

13 octobre 2009

Énée

"Viens donc, père bien-aimé, prends place sur mon dos, / moi, je marcherai, et ton poids sur mes épaules ne me pèsera pas ; / quoi qu'il arrive, un seul et même danger ou un seul salut nous attendra tous deux."

Dans son émission "Questions d'éthique", Monique Canto-Sperber revient sur l'histoire universelle et tragique d'Énée. Virgile exploite une légende que tout le monde connaissait et qui aujourd'hui encore a de quoi nous fasciner. Il faut lire et relire ces textes antiques et les faire connaître.

Ecouter l'émission (jusqu'au 11/11/09)
Une traduction en ligne de l'Énéide
Énée portant Anchise (musée du Louvre)

9 septembre 2009

Créer des listes

Les premiers ouvrages "scientifiques" étaient des Listes, des catalogues de signes et de mots classés selon divers critères. Cette forme caractéristique des premiers usages de l’écriture devait changer notre manière de penser le monde. En dressant ces inventaires, on allait au-delà des apparences... (Jean Bottéro, Mésopotamie, Gallimard, 1987)

En novembre 2009, le musée du Louvre accueille Umberto Eco. Au programme, une série de conférences, des concerts, des expositions autour de ce thème.

8 septembre 2009

Un prophète

Dans sa façon de filmer et son propos, Jacques Audiard est plus proche de Tarantino et des frères Cohen que de Joseph Losey (The Criminal) ou Robert Bresson (Un condamné à mort s’est échappé). Des extraits de ce film, Grand Prix du dernier Festival de Cannes, qui vient de sortir en France, pourront être utilisés en classe, à condition de bien les choisir (Un prophète est interdit au moins de 12 ans), dans le cadre d’un travail thématique sur la prison par exemple ou pour approcher la notion de film de genre (repérer les indices qui font que tel film appartient à tel genre).

Actualité  : "A New Film Focuses France on the ‘Disgrace’ of Its Overcrowded Prisons", IHT, 07/10/09

27 juillet 2009

Contes de Grimm

La première édition intégrale en français des 239 contes collectés par les frères Grimm vient de paraître. Dans cet entretien, Natacha Rimasson-Fertin évoque son travail d'éditrice et de traductrice : "Lorsqu’il est question de traduction, on cite souvent l’adage italien Traduttore — tradittore, où changer une seule lettre suffit à exprimer que le traducteur est toujours un traître. Entre l’exigence de fidélité envers l’original, et la recherche de l’authenticité et de la beauté dans la traduction, le compromis n’est pas facile à trouver, lorsqu’on tente de transposer d’une culture à l’autre et d’une époque à l’autre, mais c’est un travail passionnant."

18 mars 2009

La Vampa d'Agosto

Le dernier roman d'Andrea Camilleri (La Vampa d'Agosto) vient de paraître en français sous le titre Un été ardent. Serge Quadruppani, son traducteur, reconnaît que l'on aboutit à une langue assez éloignée de ce qu'il est convenu d'appeler le "bon français".

Serge Quadruppani : "Ma traduction s'éloigne souvent délibérément de la correction grammaticale. Mais depuis quelques dizaines d'années, le travail des traducteurs a été orienté par la tentative de mieux rendre la langue de leurs auteurs en échappant à la dictature de la "fluidité" et du "grammaticalement correct" qui avait imposé à des générations de lecteurs français une idée trop vague du style réel de tant d'auteurs. Un tel mouvement rejoint aussi le travail des auteurs francophones qui s'emploient à libérer leur expression du carcan d'une langue sur laquelle on a beaucoup trop légiféré."

Certaines des déformations que Camilleri impose à l'italien ont par exemple été transposées en français : "il eut tout juste le temps de se priparer (préparer) le café", "il s'était aréveillé (réveillé) une fraction de seconde avant l'alarme", "une pinsée (pensée) soudaine lui passa par la tête", "ils s'étaient tiliphoné (téléphoné) le dimanche matin"...

(Un été ardent est publié chez Fleuve noir)

Une "grammaire" informatique

"Les ingénieurs prévoient que d'ici un an, une "grammaire" informatique transformant des histoires simples en animations commencera à émerger, sans qu’un produit concret ne soit encore prêt. Deux ans de plus seront nécessaires pour créer un prototype capable d'animer automatiquement des textes élémentaires, comme des contes pour enfants. Dans quatre ans, n'importe quel récit composé à partir d'une base de mots prédéterminée pourrait prendre vie à l'écran."

Selon ce principe, exposé dans cet article du quotidien canadien Le Devoir, l'énoncé "il fait beau" pourrait se "traduire" en images animées représentant la "Place Rouge baignée de soleil, parcourue de passants habillés légèrement". Il s'agit de créer une "interface graphique grâce à laquelle un Chinois et un Allemand, ou un Français et un Russe pourraient échanger chacun dans sa propre langue et se comprendre en temps réel." Le problème étant de savoir si une animation montrant une mère avec son enfant évoque bien partout et pour tout le monde la "bonté" ou "un sentiment semblable"...

Source : "À la recherche de la langue mère", Le Devoir, 04/03/09.

25 octobre 2007

Traduction automatique

Umberto Eco consacre un chapitre de son dernier livre* au système de traduction automatique "Babel Fish", que Google utilisait jusqu'à présent : "And the Spirit of God moved upon the face of the waters" (début de la "Genèse" dans la traduction anglaise de King James) devenait en espagnol "Y el alcohol del dios se movió sobre la cara de las aguas"... (p. 34) Or, l'entreprise vient de lancer son propre système de traduction. Le résultat est un peu plus convaincant : "Y el Espíritu de Dios se movía sobre la faz de las aguas." (en français, dans la traduction d'Édouard Dhorme : "et l'esprit d'Élohim planait au-dessus des eaux.")

Prenons un autre exemple. Voici la traduction en italien par Umberto Eco d'un extrait de Sylvie de Nerval : "Ero il solo ragazzo in quella ronda, dove avevo condotto la mia compagna ancora giovinetta, Sylvie, une fanciulla della frazione vicina, cosi viva e fresca, con i suoi occhi neri, il suo profilo regolare e la sua carnagione leggermente abbronzata !..."

La même phrase traduite en anglais par Google : "I was the only boy in the patrol, where I conducted my companion still young girl, Sylvie, a hamlet near the girl, so fresh and alive, with its black eyes, its profile and its regular slightly tanned complexion! ..."

Cette dernière phrase traduite en français : "J'étais le seul garçon dans la patrouille, où j'ai effectué ma compagne encore jeune fille, Sylvie, un hameau près de la jeune fille, si frais et vivant, avec ses yeux noirs, son profil et son teint bronzé légèrement ordinaire! ..."

Comment en est-on arrivé là !

Il est vrai que le mot "ronda" renvoie d'abord au domaine militaire. Umberto Eco se justifie ainsi : "Pour trouver un vers satisfaisant, j'ai dû me permettre une licence lexicographique, c'est-à-dire employer un gallicisme. [...] Ronde est un très beau mot "chantant", Nerval l'alterne avec danse et cercle, puisque tout le paragraphe est fondé sur un mouvement circulaire réitéré, ronde est répété deux fois, et danse trois. Or, ronda en italien ne signifie pas danza, même si le mot est employé en ce sens par D'Annunzio. Mais j'avais déjà utilisé une fois ballo, et trois fois danza. Si je n'avais rien eu d'autre pour construire mon hendécasyllabe, je me serais plié à l'emploi de danza, mais écrire Ero io il solo ragazzo in quelle danza eût été disgracieux car les deux z de ragazzo auraient produit une allitération désagréable avec celui de danza. Je me suis donc trouvé dans l'obligation (avec grand plaisir) d'utiliser ronda." (p. 86-87)

Et Google s'est vu dans l'obligation de traduire "in ronda" par "in the patrol" ! Le cœur a ses raisons que la raison ignore...

L'expression "faire une ronde" peut se traduire en anglais par "to go on patrol", le mot "ronde" peut être synonyme de "patrouille" : "1. Ronde de surveillance faite par un détachement de police militaire ou civile. 2. Déplacement d'un groupe composé de quelques soldats sous le commandement d'un gradé et chargé de remplir une mission." (Le Petit Robert)

Mais ("surveillance", "commandement", "police militaire"...) on est bien loin de l'univers de Nerval : "J'étais le seul garçon dans cette ronde, où j'avais amené ma compagne toute jeune encore, Sylvie, une petite fille du hameau voisin, si vive et si fraîche, avec ses yeux noirs, son profil régulier et sa peau légèrement hâlée !..."

* Dire presque la même chose, Expériences de traduction, Grasset, 2006.

Liens :

- Babel Fish
- Google Translate
- Pour en savoir plus sur la technologie utilisée (en anglais)